Les traitements immunomodulateurs en FIV. Faut-il les utiliser en cas d'échec d'implantation ?

Les traitements immunomodulateurs en FIV. Faut-il les utiliser en cas d'échec d'implantation ?

Adénomyose et infertilité : comprendre les liens et trouver des solutions

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Les traitements pour booster le système immunitaire pendant une FIV, comme les intralipides ou les injections d’immunoglobulines, ne sont pas conseillés si les tentatives d’implantation échouent ou si l’embryon est rejeté. D’après les dernières études, ces traitements ne marchent pas vraiment et peuvent même être dangereux. Pour que la FIV réussisse, il vaut mieux se concentrer sur des méthodes qui ont fait leurs preuves et qui sont adaptées à chaque patient, plutôt que de tester des trucs expérimentaux pour le système immunitaire.

📌 Ce que vous apprendrez dans cet article :


Pourquoi mon corps rejette-t-il l’embryon ?

Réponse directe : Le concept de “rejet embryonnaire” par le système immunitaire maternel est une simplification erronée. Dans la grande majorité des cas, un échec d’implantation FIV est dû à des anomalies génétiques de l’embryon ou à des problèmes structurels de l’utérus, et non à une “attaque” de vos défenses immunitaires.

Chaque semaine, je vois des patientes en pleurs, lessivées par des essais qui n’ont pas fonctionné. Elles me demandent souvent : Docteur, est-ce que mon corps rejette mon bébé ? Je sais combien c’est dur. La PMA, c’est vraiment les montagnes russes émotionnelles.

Mais il faut se baser sur les faits et sur la science. Avec mon expérience, j’en ai vu des modes médicales passer. L’idée de bidouiller le système immunitaire pour forcer l’implantation en fait partie. Voyez votre utérus non pas comme un château fort qui se défend, mais plutôt comme un terrain où il faut semer la bonne graine (l’embryon) au bon moment (la période d’implantation idéale).

Infographie expliquant la fenêtre d'implantation embryonnaire en FIV et déconstruisant le mythe du rejet immunitaire.

Quels sont les traitements immunologiques souvent proposés en FIV ?

Réponse directe : Pour booster les chances d’implantation, certaines cliniques proposent des traitements d’immunomodulation en FIV. Les plus courants, ce sont les perfusions de lipides (intralipides), les immunoglobulines par intraveineuse (IVIG), l’immunisation par leucocytes (LIT), les cellules PBMC et certains médicaments anti-TNF ou stéroïdes.

En plus de 30 ans de pratique, avec plus de 10 000 bébés nés grâce à mon aide, j’ai vu des patientes arriver avec des listes de traitements bizarres trouvés sur le web. L’idée derrière tout ça, c’est de calmer le système immunitaire.

Les intralipides et les IVIG augmentent-ils vraiment les chances de réussite ?

Réponse directe : Non. Les études cliniques sérieuses montrent bien que les intralipides, les IVIG ou d’autres traitements qui touchent au système immunitaire n’aident pas vraiment à avoir plus de bébés après une FIV.

Je dis que ces traitements n’aident pas à ce que l’embryon s’accroche mieux.

Les faits sont clairs. Une étude récente (Melo et al., 2022)) a regardé plusieurs études et a vu qu’aucun de ces traitements ne devrait être conseillé.

En fait, les conseils de l’ESHRE en 2023 disent la même chose. On se base sur la science, et ça veut dire qu’on ne doit pas faire de fausses promesses, que ce soit sur l’argent ou sur l’espoir, avec des traitements qui ne marchent pas.

Quels sont les dangers et effets secondaires de ces traitements immunitaires ?

Réponse directe : L’usage de traitements qui modifient l’immunité en FIV peut entraîner de graves effets secondaires pour les patients, comme des problèmes au foie, des insuffisances rénales, des risques de caillots sanguins et de sérieuses infections. Donc, les risques l’emportent largement sur les bénéfices.

En tant que médecin, je me dois de vous protéger. Toucher à votre système immunitaire, ce n’est pas rien.

Voici un résumé des risques prouvés par des études (Moffett et Shreeve, 2015 ; Sfakianoudis et al., 2021) :

Traitement ImmunologiqueEffets Secondaires Possibles et Risques Documentés
IntralipidesHépatomégalie (foie gonflé), jaunisse, thrombopénie, syndrome de surcharge graisseuse.
IVIG (Immunoglobulines)Méningite aseptique, insuffisance rénale, thromboembolie, réactions anaphylactiques.
Anti-TNFInfections sévères, lymphomes, maladies démyélinisantes, insuffisance cardiaque.
TacrolimusMalformations congénitales documentées (4% des grossesses post-transplantation).

D’après moi, le recours aux perfusions d’intralipides dans le cadre d’une FIV exposerait les patientes à des complications hépatiques et hématologiques qui pourraient être évitées.

Le Dr Senai Aksoy en consultation de fertilité, expliquant les risques des perfusions d'intralipides et d'IVIG à ses patients.

Que recommande l’ESHRE et la communauté scientifique ?

Réponse directe : Les principales autorités de santé internationales sont claires sur ce point. La Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie (ESHRE), notamment, ne recommande pas l’utilisation de traitements immunomodulateurs tels que les Intralipides, les IVIG, le rh-LIF, les PBMC ou encore les anti-TNF dans le cadre d’une FIV.

Ces protocoles ne reposent pas sur une justification biologique solide. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) rejoint cette position : la médecine de la reproduction doit s’appuyer sur des preuves scientifiques robustes, conformément aux principes de l’Evidence-Based Medicine.

Administrer des traitements immunosuppresseurs lourds à des femmes en bonne santé, sans bénéfice clinique clairement démontré, soulève donc une véritable question éthique. La priorité doit rester la sécurité des patientes et la rigueur scientifique.

L’approche “Haute Couture” : Que faire en cas d’échecs répétés ?

Réponse directe : En cas d’échecs d’implantation répétés, la priorité n’est pas d’ajouter des traitements au hasard, mais de mener une investigation clinique rigoureuse et méthodique. Cela passe par une analyse génétique des embryons (PGT-A), une évaluation approfondie de la cavité utérine — notamment par hystéroscopie — et par des protocoles de stimulation réellement personnalisés.

Ma vision de la médecine reproductive a toujours été celle d’une clinique de fertilité « haute couture ». À l’inverse des structures qui appliquent un protocole standard à toutes les patientes — ou multiplient des options coûteuses sans indication claire — chaque situation mérite une analyse fine et individualisée.

Si vous avez connu plusieurs échecs, il est essentiel de rechercher les causes réelles.

1. La qualité embryonnaire La sélection des embryons doit s’appuyer sur des technologies avancées et sur l’expertise du laboratoire d’embryologie, afin d’identifier ceux qui présentent le meilleur potentiel d’implantation.

2. L’environnement utérin L’utérus doit être soigneusement évalué pour exclure la présence de polypes, d’endométrite chronique — qui se traite par antibiotiques et non par immunosuppresseurs — ou d’adénomyose. Un terrain sain est indispensable à l’implantation.

3. La personnalisation du protocole Les dosages hormonaux ne devraient jamais être standardisés. Ils doivent être ajustés avec précision, presque « chirurgicalement », en fonction de votre profil biologique.

Au final, ce n’est ni la surenchère thérapeutique ni les traitements expérimentaux qui font la différence. C’est l’alliance d’une science rigoureuse et d’une véritable compassion. Et c’est souvent cette combinaison qui redonne de l’espoir, là où les protocoles standard ont échoué.

Laboratoire d'embryologie de pointe pour la sélection embryonnaire en FIV, une alternative scientifique aux traitements immunitaires.

FAQ - Vos questions fréquentes

Pourquoi certaines cliniques proposent-elles des intralipides si cela ne fonctionne pas ?

Parce que l’espoir vend. Face à des patientes épuisées par des échecs répétés de FIV, certains centres ajoutent des traitements « innovants » ou « expérimentaux » pour donner l’impression d’agir davantage. Les intralipides font partie de ces options.

Le problème est simple : à ce jour, aucune preuve scientifique solide ne démontre leur efficacité pour améliorer les taux de grossesse en FIV. En revanche, ce sont des traitements immunomodulateurs qui ne sont pas anodins et peuvent comporter des risques. En médecine, on ne devrait pas prescrire pour rassurer ou pour facturer plus. On prescrit lorsque le bénéfice est démontré.

Ajouter un traitement inutile à une femme en bonne santé ne relève ni de la science ni de l’éthique.

Le système immunitaire peut-il provoquer des fausses couches à répétition ?

Oui — mais dans des cas bien précis. Certaines pathologies immunitaires clairement identifiées, comme le syndrome des anticorps antiphospholipides (SAPL), peuvent être responsables de fausses couches à répétition. Ce trouble augmente le risque de thrombose au niveau du placenta et nécessite un traitement ciblé. Et ce traitement n’a rien à voir avec les intralipides.

Dans le cas du SAPL, la prise en charge repose sur des anticoagulants comme l’héparine et l’aspirine à faible dose. Ce sont des traitements validés, dont l’efficacité est démontrée. En revanche, prescrire des immunomodulateurs lourds sans diagnostic précis ne repose sur aucune base scientifique solide. En médecine, on traite une cause identifiée — pas une hypothèse vague.

Les cellules PBMC sont-elles utiles pour épaissir l’endomètre ?

Non. Les données scientifiques actuelles ne montrent pas de bénéfice solide. Une revue récente (Melo et al., 2022) classe le niveau de preuve concernant l’utilisation intra-utérine des PBMC comme étant de très faible qualité. Autrement dit, les résultats disponibles ne permettent pas de conclure à une efficacité réelle. En conséquence, leur utilisation n’est pas recommandée par l’ESHRE. En médecine reproductive, lorsqu’un traitement repose sur des preuves fragiles ou insuffisantes, la prudence doit primer. L’absence de preuve solide n’est pas un détail — c’est un signal d’alerte.

Comment le Dr Aksoy gère-t-il les échecs d’implantation ?

J’adopte une approche clinique sur mesure — une véritable médecine de fertilité « haute couture ». Face à des échecs d’implantation répétés, Je ne multiplie pas les traitements expérimentaux. Je commence par chercher la cause réelle.

Ma stratégie repose sur trois piliers :

L’objectif n’est pas d’ajouter des options, mais d’apporter des solutions fondées sur la science. Les traitements non prouvés n’ont pas leur place dans cette démarche. Parce qu’en reproduction, la rigueur et la personnalisation font toute la différence.

Puis-je tomber enceinte après 3 échecs de FIV ?

Oui, c’est possible. Trois échecs ne signifient pas que tout est terminé. De nombreuses patientes obtiennent une grossesse après plusieurs tentatives, surtout lorsqu’un diagnostic médical précis remplace des essais répétés sans réelle analyse. Souvent, la différence ne tient pas à « faire plus », mais à faire mieux : comprendre la qualité embryonnaire, vérifier l’environnement utérin, ajuster finement la stimulation hormonale. Un deuxième avis médical expert peut parfois changer complètement la stratégie. Et avec elle, les résultats. Après plusieurs échecs, il ne s’agit pas d’abandonner — il s’agit de réévaluer intelligemment.

Mentions Légales

Date de dernière révision médicale : 22 Février 2026.

Cet article a été rédigé et validé médicalement par le Dr Senai Aksoy (Gynécologue-Obstétricien, Spécialiste en Médecine de la Reproduction) à des fins strictement informatives. Chaque patiente est unique et les résultats de la FIV varient selon de nombreux facteurs médicaux. Ce contenu ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Veuillez toujours consulter votre médecin concernant votre situation personnelle.

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Dr. Senai Aksoy

Dr. Senai Aksoy

Dr. Senai Aksoy est un expert renommé dans le domaine de la médecine de la reproduction, avec plus de 20 ans d'expérience. Il a consacré sa carrière à aider les couples à réaliser leur rêve de parentalité grâce à des traitements de fertilité avancés et à des soins personnalisés.

Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.