Endométriose et infertilité. FIV ou chirurgie en 2025 ?

Endométriose et infertilité. FIV ou chirurgie en 2025 ?

Cet article met en lumière un changement de paradigme prévu pour 2025 dans le traitement de l’infertilité liée à l’endométriose, où des études récentes telles que VODE démontrent que le fait de privilégier la FIV plutôt que la chirurgie double les taux de naissances vivantes (46 % contre 23 %). Le protocole standard privilégie désormais la FIV directe avec des schémas thérapeutiques optimisés (comme le PPOS) afin de préserver la réserve ovarienne, en réservant la chirurgie uniquement aux cas de douleurs sévères et ingérables ou d’obstructions mécaniques spécifiques. De plus, l’approche a évolué pour considérer l’endométriose comme une affection inflammatoire systémique, soulignant l’importance du microbiote vaginal et de la gestion de la toxicité ferrique (ferroptose) pour améliorer les résultats en matière de fertilité.

Bonjour, je suis le Dr Senai Aksoy. Je travaille dans le domaine de la fécondation in vitro à Istanbul depuis plus de 30 ans. Dans ma clinique, je rencontre quotidiennement des couples confrontés à l’endométriose et qui souhaitent avoir un enfant.

L’année 2025 marque un tournant dans le traitement de l’infertilité liée à l’endométriose. Les recommandations actuelles de l’ESHRE sont claires : la chirurgie n’est plus le traitement de première intention. L’étude VODE a démontré l’efficacité remarquable de la FIV en tant qu’option de première intention.

📌 Ce que vous apprendrez dans cet article :

Pourquoi l’approche a-t-elle changé ?

Depuis 2022, les recommandations de l’ESHRE sur l’endométriose sont claires : la chirurgie ne doit pas être pratiquée dans le seul but d’améliorer les résultats de la FIV. Les traitements hormonaux bloquants (analogues de la GnRH, progestatifs continus) ne sont pas recommandés à des fins de fertilité, car ils empêchent la conception et font perdre un temps précieux.

Dans ma pratique, j’observe qu’une chirurgie inutile peut affecter la réserve ovarienne. Pour les couples touchés par l’endométriose, le temps est la ressource la plus précieuse.

L’étude VODE : des résultats frappants

L’étude randomisée VODE (2025) a comparé deux stratégies chez les femmes atteintes d’endométriose ovarienne ou profonde :

Groupe « FIV d’abord » :

Groupe « Chirurgie d’abord » :

La FIV double le taux de réussite.

Quand la chirurgie reste nécessaire

La chirurgie conserve sa place dans des situations spécifiques :

  1. Douleurs intenses : lorsque le traitement médical échoue et que la douleur perturbe la vie quotidienne.

  2. Endométriome > 3 cm : L’ESHRE suggère que la chirurgie peut augmenter les chances de grossesse spontanée pour les endométriomes de plus de 3 cm.

  3. Hydrosalpinx : Une trompes obstruée doit être retirée avant le transfert d’embryons car son liquide est toxique.

  4. Obstacle mécanique : Adhérences empêchant l’accès aux ovaires pour le prélèvement.

  5. Score EFI : L’indice de fertilité lié à l’endométriose, calculé après l’intervention chirurgicale, permet de prédire les chances de grossesse naturelle. Si le score est ≤ 6, passer immédiatement à la PMA.

Algorithme de traitement 2025

Situation 1 : Infertilité + Douleur intense

Situation 2 : Infertilité + Douleur absente/contrôlée

Protocoles de FIV optimisés

PPOS : la nouvelle norme

Le protocole PPOS (stimulation ovarienne pré-progestative) utilise des progestatifs pour contrôler le cycle. Tous les embryons sont congelés puis transférés ultérieurement.

Avantages : stimulation plus courte, moins de médicaments, taux de naissances équivalents ou supérieurs.

Régulation à la baisse : Ce n’est plus une pratique courante

L’ESHRE confirme qu’une suppression prolongée avant la FIV n’augmente pas systématiquement le nombre de naissances vivantes. Réservée à certains cas particuliers.

Qualité des ovocytes : un mythe brisé

Une étude de 2025 remet en question nos certitudes concernant la qualité des ovocytes en cas d’endométriose. De nouvelles données montrent des taux de fécondation et une qualité chromosomique normaux ; le véritable problème réside dans l’environnement pelvien toxique, et non dans l’ovocyte lui-même.

Microbiote et ferroptose

Vision systémique de l’endométriose

L’endométriose est désormais considérée comme une maladie inflammatoire systémique liée au microbiote. La dysbiose intestinale, le passage de toxines bactériennes et l’altération du métabolisme des œstrogènes contribuent à l’inflammation chronique. Le microbiote vaginal avant le transfert permet de prédire le succès : une flore dominée par les Lactobacillus entraîne des taux de grossesse plus élevés.

Ferroptose : toxicité du fer

La ferroptose est la mort cellulaire due à une surcharge en fer. Les cellules endométriosiques présentent une résistance au fer, tandis que les ovocytes y sont vulnérables. Les traitements par chélation du fer pourraient protéger la fertilité.

Traitements non hormonaux en cours de développement

De nouvelles approches visent à cibler l’inflammation sans bloquer l’ovulation. Les inhibiteurs de JNK sont prometteurs pour la régression des lésions et font actuellement l’objet d’essais cliniques préliminaires :contentReference[oaicite:0]{index=0}.

Foire aux questions

  1. Pourquoi la FIV est-elle désormais préférée à la chirurgie dans le traitement de l’endométriose ?
    Parce que l’étude VODE a montré que la stratégie « FIV d’abord » double le taux de naissances vivantes. La chirurgie peut endommager la réserve ovarienne et faire perdre du temps.

  2. Faut-il toujours opérer les endométriomes avant la FIV ?
    Non. Je n’opère les endométriomes qu’en cas de douleur incontrôlable, de taille importante ou de suspicion de malignité. Pour les kystes asymptomatiques, la FIV directe donne de meilleurs résultats.

  3. Combien de cycles de FIV sont nécessaires en cas d’endométriose ?
    Dans notre clinique d’Istanbul, la plupart des patientes obtiennent une grossesse au cours des 1 à 2 premiers cycles grâce à des protocoles optimisés.

  4. Le microbiote vaginal influence-t-il réellement les résultats de la FIV en cas d’endométriose ?
    Oui. Des recherches montrent que la prédominance de Lactobacillus est associée à des taux de grossesse plus élevés. Nous dépistons et traitons la dysbiose avant le transfert.

  5. Quels nouveaux traitements non hormonaux sont disponibles pour l’endométriose ?
    De nouvelles thérapies ciblant les voies inflammatoires sont en cours de développement, notamment les inhibiteurs de JNK :contentReference[oaicite:1]{index=1}. Celles-ci visent à soulager la douleur sans supprimer l’ovulation.

Conclusion : la nouvelle ère du traitement

L’année 2025 marque un tournant majeur : la FIV comme traitement de première intention, la chirurgie sélective, les protocoles optimisés et une approche systémique de l’endométriose. Dans notre clinique de FIV à Istanbul, nous adaptons nos stratégies à chaque patiente.

Prenez rendez-vous pour une consultation personnalisée afin de discuter de votre situation.

📚 Résumé scientifique

ESHRE 2022-2025 : Pas de chirurgie pour améliorer la FIV uniquement :contentReference[oaicite:2]{index=2}
VODE 2025 : FIV d’abord 46 % vs chirurgie d’abord 23 % de naissances vivantes
Microbiote 2025 : La dominance des lactobacilles vaginaux améliore les taux de grossesse
Ferroptose 2025 : La toxicité du fer affecte la qualité et la réserve ovocytaire

⚖️ Mentions légales

Date de publication : 3 novembre 2025. Cet article du Dr Senai Aksoy est à titre informatif. Chaque patiente est unique. Les résultats de la FIV varient en fonction de nombreux facteurs. Consultez toujours un spécialiste pour votre situation personnelle.

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Dr. Senai Aksoy

Dr. Senai Aksoy

Le Professeur Agrégé Dr Senai Aksoy est un expert de renommée mondiale en médecine de la reproduction, avec +30 ans d'expérience. Formé dans les plus grands centres en France et en Turquie, il a dédié sa vie à transformer le rêve de parentalité en réalité grâce à l'innovation et à des soins personnalisés.

Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.