Peut-on avoir des jumeaux avec la FIV ? Risques et transfert unique
À retenir
Peut-on avoir des jumeaux avec la FIV ? Oui — surtout si plus d'un embryon s'implante, et rarement si un embryon se divise. La grossesse gémellaire augmente le risque de prématurité et de complications maternelles par rapport à une grossesse unique. Quand un autre embryon est disponible, la comparaison plus sûre est en général celle de deux transferts uniques successifs, pas celle de tout transférer d'un coup pour éviter un second voyage.
Sources clés : Recommandation ESHRE 2024 sur le nombre d'embryons à transférer Limites ASRM 2021 du nombre d'embryons transférés Avis de comité ASRM 2022 sur les grossesses multiples
FIV et jumeaux : rêve ou risque ?
Comment les jumeaux surviennent après une FIV
Oui. Les jumeaux après FIV existent. Médicalement, ce n’est pas un « double succès ».
La plupart des grossesses gémellaires liées à la FIV suivent le transfert de plus d’un embryon. Une part plus petite apparaît lorsqu’un seul embryon se divise et donne des jumeaux monozygotes.
La distinction compte. Deux embryons augmentent surtout la chance de jumeaux dizygotes. La division après un transfert unique reste peu fréquente. C’est pourtant le risque gémellaire qui subsiste même quand on ne dépose qu’un embryon.
Des jumeaux dans la famille ne referment pas le dossier. En FIV, le levier contrôlable reste le nombre d’embryons transférés.
Pourquoi ce n’est pas simplement deux fois mieux
Comparée à une grossesse unique, une grossesse gémellaire accouche beaucoup plus souvent trop tôt et demande plus de surveillance obstétricale et néonatale. Cela reste vrai même si le cycle de FIV s’est bien passé.
La compilation publiée par l’ASRM en 2022 situe l’accouchement avant 37 semaines autour de 10 % pour les grossesses uniques et autour de 50 % pour les jumeaux. Un poids de naissance inférieur à 2 500 g est indiqué autour de 6 % contre 53 %. La pré-éclampsie apparaît autour de 6 % contre 10–12 %. Ce sont des estimations compilées, pas un pronostic personnel.
La prématurité est le problème néonatal central. Elle peut gêner la respiration, l’alimentation, la régulation de la température et, plus tard, le développement. C’est pourquoi les soins intensifs néonatals sont si fréquents chez les jumeaux.
La chorionicité change encore le tableau. Quand un embryon se divise, les jumeaux sont plus souvent monochoriaux : ils peuvent partager le placenta. L’ASRM décrit comment des vaisseaux placentaires partagés peuvent entraîner une transfusion fœto-fœtale, un risque que les jumeaux dichoriaux issus de deux embryons n’ont en général pas. Deux embryons ne font pas « des jumeaux plus sûrs ». Ils font une autre grossesse, toujours plus à risque qu’une grossesse unique.
La charge maternelle augmente aussi : plus d’hypertension, plus de diabète gestationnel, plus de saignements et de complications d’accouchement, une récupération plus lourde. Rien de tout cela n’est assez rare pour passer à la marge.
Pourquoi on transfère le plus souvent un seul embryon
Le transfert unique est une stratégie de sécurité. Ce n’est pas un détail de présentation.
La bonne comparaison n’est pas « une grossesse cette semaine ou rien cette semaine ». Quand un autre embryon peut être congelé, un transfert ultérieur reste possible. L’objectif est un enfant unique en bonne santé, construit si besoin sur plus d’un transfert.
| Un embryon maintenant | Deux embryons maintenant | |
|---|---|---|
| Chance de grossesse de ce transfert | Peut être un peu plus basse | Peut être un peu plus haute |
| Grossesse gémellaire | Peu fréquente ; surtout si l’embryon se divise | Nettement plus élevée |
| Chance cumulée d’un enfant unique en bonne santé | Souvent comparable si un autre embryon est disponible | Pas clairement supérieure |
| Voyage | Un second séjour peut être nécessaire | Un seul séjour, avec une charge obstétricale plus lourde |
Ces lignes aident à parler du choix. Elles ne sont pas un pourcentage personnel. La chance de naissance vivante dépend encore de l’âge, de la qualité embryonnaire, de l’utérus et du nombre d’embryons restants.
La FIV a d’autres risques médicaux. La grossesse multiple est celui que le nombre d’embryons transférés change le plus directement.
Ce que disent vraiment les recommandations
La recommandation ESHRE 2024 retient le transfert électif d’un seul embryon comme règle dès qu’il reste plus d’un embryon disponible. Le groupe de rédaction conclut qu’aucun facteur clinique ou embryologique, à lui seul, ne justifie un double transfert. La naissance vivante cumulée n’a pas été montrée inférieure avec des transferts uniques successifs, alors que les grossesses multiples sont clairement plus fréquentes après deux embryons.
Les limites ASRM 2021 vont dans le même sens, avec plus de place pour l’individualisation. Un embryon euploïde doit rester unique, quel que soit l’âge. Avant 35 ans, un seul embryon doit être fortement encouragé. Dans les pronostics plus faibles, l’ASRM décrit encore des situations où un embryon supplémentaire non testé peut être envisagé, avec information et trace écrite du motif.
Les deux textes ne disent pas exactement la même chose sur les exceptions. L’ESHRE est plus stricte. L’ASRM laisse davantage de marge quand le pronostic est défavorable. Ni l’un ni l’autre ne traite les jumeaux comme un bonus.
Les données SART citées par l’ASRM montrent déjà le déplacement de pratique. Les limites ASRM 2021 indiquent que, chez les femmes de moins de 38 ans avec un cycle de FIV réussi, la gestation gémellaire est passée de 23 % en 2014 à 12,4 % en 2017. L’avis de comité ASRM 2022 rapporte des naissances gémellaires après FIV déclarées à SART passant de plus de 30 % en 1998 à 9,7 % en 2018. Les jumeaux restants sont encore loin d’un taux de fond.
L’approche du Dr Aksoy
Le coût du voyage et un second séjour méritent d’être entendus. Ils ne changent pas la biologie.
Le Dr Aksoy continue d’insister sur le transfert unique lorsque l’embryon est euploïde, lorsque la patiente est jeune ou a par ailleurs un bon pronostic, et chaque fois qu’une grossesse gémellaire ajouterait un risque supplémentaire important. Les exemples qu’il cite sont une maladie cardiaque significative, une hypertension, une anomalie utérine ou cervicale, et des antécédents de grande prématurité ou de complications graves de grossesse.
Transférer deux embryons peut un peu augmenter la chance de grossesse de ce transfert-là. Cela augmente nettement le risque de jumeaux, de prématurité, de soins intensifs néonatals et de complications maternelles. Avec les patientes qui voyagent, la comparaison qu’il utilise n’est pas « un séjour contre deux ». C’est la chance cumulée d’un enfant unique en bonne santé après deux transferts uniques successifs, face aux risques de déposer les deux embryons en même temps.
Organiser une FIV à l’étranger consiste à faire tourner la logistique autour de cette séquence plus sûre. Pas à traiter une grossesse gémellaire évitable comme le prix d’un séjour plus court.
FAQ
Peut-on avoir des jumeaux avec la FIV si un seul embryon est transféré ?
Oui, rarement — si cet embryon se divise. La plupart des grossesses gémellaires après FIV suivent encore le transfert de plus d’un embryon.
Des jumeaux après FIV sont-ils automatiquement un bon résultat ?
Pas médicalement. Certaines grossesses gémellaires se terminent par des bébés en bonne santé. La grossesse reste plus à risque de prématurité, d’hypertension, de diabète gestationnel et de soins intensifs néonatals qu’une grossesse unique.
Pourquoi recommande-t-on si souvent le transfert unique aujourd’hui ?
Parce qu’il réduit les jumeaux évitables. Quand un autre embryon peut être conservé, des transferts uniques successifs n’ont pas montré la perte de naissance vivante cumulée que beaucoup de patientes redoutent.
Si les jumeaux existent dans ma famille, cela change-t-il le plan de transfert ?
En général pas d’une façon qui efface la discussion de risque en FIV. Le plan repose surtout sur le nombre d’embryons, le pronostic et la sécurité obstétricale, plus que sur une histoire familiale de jumeaux spontanés.
Voyager pour une FIV justifie-t-il de transférer deux embryons ?
La contrainte du voyage est réelle. Elle ne change pas la comparaison médicale. Deux embryons peuvent augmenter la chance de grossesse de cette visite et créer quand même un risque gémellaire évitable. Un second transfert unique est souvent la façon plus sûre d’utiliser l’embryon restant.
Sources
- Alteri A, Arroyo G, Baccino G, et al. ESHRE guideline: number of embryos to transfer during IVF/ICSI. Human Reproduction. 2024;39(4):647–657. PMC10988112.
- Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine and the Practice Committee of the Society for Assisted Reproductive Technology. Guidance on the limits to the number of embryos to transfer: a committee opinion (2021). Fertility and Sterility. 2021;116(3):651–654. ASRM.
- Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Multiple gestation associated with infertility therapy: a committee opinion (2022). Fertility and Sterility. 2022;117(3):498–511. ASRM.
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