Létrozole et fertilité : induction de l’ovulation et transfert d’embryon congelé
À retenir
Le létrozole est surtout utile pour induire l’ovulation : dans le SOPK anovulatoire, il donne plus de naissances vivantes que le clomifène et constitue le traitement de première intention. Il n’offre pas cet avantage dans l’infertilité inexpliquée. Avant un transfert d’embryon congelé, un cycle sous létrozole est une option raisonnable chez certaines patientes qui ovulent mal, mais les essais randomisés ne montrent pas d’avantage sur la naissance vivante par rapport à un cycle substitué.
Sources clés : Recommandations internationales 2023 sur le SOPK (Fertility and Sterility) Revue Cochrane du létrozole pour induire l’ovulation dans le SOPK Méta-analyse 2026 des essais randomisés de TEC sous létrozole
Ce que fait réellement le létrozole
Le médicament bloque temporairement l’aromatase et réduit les œstrogènes au début du cycle. L’hypophyse peut alors libérer davantage de FSH, ce qui aide un follicule à se développer et à ovuler. En fertilité, cet effet sert à deux choses bien différentes :
- induire l’ovulation chez une femme qui n’ovule pas régulièrement, pour permettre une grossesse par rapports programmés ou insémination ;
- préparer l’utérus à un transfert d’embryon congelé (TEC) : l’ovulation produit alors les hormones du corps jaune, alors que dans un cycle substitué les œstrogènes et la progestérone sont administrés.
Les données ne sont pas du tout du même niveau pour ces deux usages ; ils sont donc traités séparément. Pour le TEC, le mécanisme rend l’approche plausible, mais il ne prouve pas à lui seul une meilleure réceptivité de l’endomètre ni un taux de naissance vivante supérieur.
Le létrozole pour induire l’ovulation
Chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK, aussi appelé PMOS) qui n’ovulent pas et n’ont pas d’autre facteur d’infertilité majeur, les recommandations internationales de 2023 font du létrozole le traitement de première intention pour induire l’ovulation. Les recommandations internationales 2023 sur le SOPK
Est-il efficace pour tomber enceinte ?
Dans le SOPK anovulatoire, la revue Cochrane de 2022, fondée sur des essais randomisés, retrouvait plus de naissances vivantes avec le létrozole qu’avec le clomifène, avec un niveau de certitude élevé. Là où environ 20 femmes sur 100 auraient un enfant avec le clomifène, 27 à 35 sur 100 en auraient un avec le létrozole. L’hyperstimulation ovarienne était aussi rare dans les deux cas (environ 0,5 %) et les grossesses multiples peu fréquentes (1,6 % sous létrozole, 2,2 % sous clomifène). La revue Cochrane de 2022 Dans le plus grand essai, 750 femmes avec SOPK ont été traitées jusqu’à cinq cycles : 27,5 % ont eu une naissance vivante sous létrozole contre 19,1 % sous clomifène, et l’ovulation survenait dans 61,7 % contre 48,3 % des cycles. L’essai PPCOS II
Ces chiffres décrivent des groupes de femmes dont le problème principal est l’absence d’ovulation. Ce ne sont pas des chances individuelles : l’âge, l’état des trompes, la qualité du sperme, le poids et le nombre de cycles tentés modifient le pronostic.
Le constat change lorsque l’ovulation est déjà régulière. Dans un essai randomisé portant sur 900 femmes ovulantes avec une infertilité inexpliquée, le létrozole donnait moins de grossesses et de naissances vivantes que les injections de gonadotrophines et ne faisait pas mieux que le clomifène, tout en entraînant moins de grossesses multiples que les injections. L’essai sur l’infertilité inexpliquée Le létrozole n’est donc pas une meilleure option dans l’infertilité inexpliquée au seul motif qu’il aide dans le SOPK.
Comment se déroule un cycle de traitement ?
Le létrozole se prend en comprimés, sur une courte période en début de cycle. La dose de départ et son éventuelle augmentation sont fixées par le spécialiste selon la réponse précédente ; le Dr Aksoy décrit sa pratique habituelle dans les questions ci-dessous, qui ne remplacent pas l’avis de votre médecin. L’échographie montre si un follicule se développe, aide à programmer les rapports ou l’insémination et repère une réponse avec plusieurs follicules matures, qui augmente le risque de jumeaux.
Quand changer de stratégie ?
Dans l’avis clinique recueilli pour le guide du site sur le SOPK (21/09/2026), le Dr Aksoy indique qu’il utilise généralement le létrozole en premier en cas d’anovulation liée au SOPK. Il revoit la stratégie si les follicules ne se développent pas malgré une dose et une surveillance adaptées, si aucune grossesse ne survient après plusieurs cycles ovulatoires, si l’âge impose de ne pas perdre de temps, en cas de problème métabolique important, ou si le couple ne souhaite pas prolonger le traitement. Les injections de gonadotrophines sont une option de deuxième ligne lorsqu’une surveillance échographique étroite est possible, et la FIV peut être envisagée plus tôt lorsque l’âge ou la réserve ovarienne ne permettent pas de perdre plusieurs mois. Le guide sur le SOPK détaille ces étapes.
Avant un transfert d’embryon congelé : ce que montrent les études
Le létrozole est recommandé en première intention pour induire l’ovulation dans le SOPK anovulatoire, lorsqu’aucun autre facteur d’infertilité ne modifie la stratégie. Les recommandations internationales 2023 sur le SOPK parlent de restaurer l’ovulation, et non de démontrer un effet indépendant sur l’implantation.
Une méta-analyse publiée en 2025, portant sur des patientes avec SOPK ou oligo-anovulation, a inclus 15 études observationnelles et deux essais randomisés. Le signal en faveur de la naissance vivante était modeste et le niveau de certitude était faible pour tous les critères étudiés ; l’essai randomisé rapportant la naissance vivante ne confirmait pas d’avantage. La revue de Human Reproduction Update justifie donc « une option possible », pas « un protocole supérieur prouvé ». Un essai randomisé plus ancien, mené chez 120 patientes avec SOPK et associant létrozole et gonadotrophines, trouvait lui aussi des taux d’implantation, de grossesse clinique et de grossesse évolutive similaires. L’essai de 2020
Les données sont moins convaincantes lorsque l’ovulation est déjà régulière. Tous profils confondus, la revue Cochrane de 2020 retrouvait des données de faible qualité suggérant qu’un cycle stimulé (FSH, létrozole ou clomifène) pourrait augmenter la grossesse clinique par rapport à un cycle substitué ; pour la naissance vivante sous létrozole, un seul petit essai était disponible et le résultat restait incertain. La revue Cochrane de 2020 Dans un essai randomisé portant sur 167 femmes aux cycles ovulatoires réguliers, la grossesse clinique atteignait 38,7 % sous létrozole contre 25,3 % en cycle substitué. La différence n’était pas statistiquement significative (P = 0,06) et les patientes dont l’endomètre n’atteignait pas l’épaisseur visée étaient exclues. L’essai de 2019 Une large cohorte rétrospective de patientes ovulantes avec infertilité inexpliquée rapportait davantage de naissances vivantes avec le létrozole qu’avec un cycle naturel, mais une comparaison rétrospective ne permet pas d’exclure des différences entre les groupes. La cohorte de 2022 Un marqueur moléculaire ou une variation de l’épaisseur de l’endomètre est un résultat intermédiaire : ce n’est pas la même chose qu’un taux de naissance vivante plus élevé.
Chez une patiente qui ovule déjà, un cycle naturel ou modifié constitue aussi une option distincte : la décision ne se limite pas au létrozole ou au cycle substitué. Dans un essai randomisé multicentrique de 2026 portant sur 4 376 femmes ovulantes, les taux de naissance vivante saine étaient similaires ; la pré-éclampsie était moins fréquente avec l’ovulation naturelle, mais les annulations de cycle plus nombreuses. L’essai du BMJ ne portait pas sur le létrozole : il éclaire le choix global du protocole sans prouver que le létrozole est préférable.
Ce qui peut faire changer le choix en pratique
L’avis clinique du Dr Aksoy met l’accent sur une question concrète : la patiente peut-elle développer de façon fiable un follicule dominant et un corps jaune avec le létrozole ? Une réponse antérieure au traitement, une surveillance échographique et hormonale réalisable, et une raison clinique d’éviter un cycle substitué sans corps jaune peuvent faire pencher vers la stimulation.
La méta-analyse 2025 observait aussi moins de troubles hypertensifs avec les cycles stimulés, mais le niveau de certitude restait faible et une analyse de 2026 limitée aux essais randomisés ne trouvait pas de différence. Le risque thrombotique relève ici d’une évaluation clinique individuelle ; cette revue portait sur les troubles hypertensifs et ne démontre pas que le létrozole prévient la thrombose. Human Reproduction Update
Les essais randomisés ne montrent pas de bénéfice constant sur la naissance vivante. Un essai de 420 patientes trouvait des taux presque identiques et un essai de 2025 portant sur 200 patientes ne trouvait pas de différence statistiquement significative sur la grossesse clinique. L’essai randomisé de 2023 et celui de 2025 soutiennent donc une décision individualisée, plutôt qu’un choix automatique en cas de SOPK. Un essai randomisé multicentrique de 2025 incluant 155 patientes avec SOPK ne trouvait pas non plus de différence significative entre létrozole et cycle substitué, ni pour la grossesse clinique, ni pour la naissance vivante, ni pour les résultats obstétricaux étudiés. Cet essai renforce l’interprétation prudente. Un petit essai randomisé de 2026, portant sur 100 participantes et dont le bras stimulé associait létrozole et FSH, rapportait davantage de grossesses cliniques ; le suivi s’arrêtait avant la naissance, il ne montre donc pas d’avantage sur la naissance vivante. Cet essai de 2026
L’analyse groupée la plus récente va dans le même sens. Une méta-analyse de 2026 limitée à quatre essais randomisés (891 femmes avec SOPK, aussi appelé PMOS) ne trouvait pas de différence de naissance vivante, de grossesse clinique, de fausse couche, de troubles hypertensifs ou d’annulation de cycle entre préparation à base de létrozole et cycle substitué. La méta-analyse de 2026
Le diabète gestationnel reste une question ouverte. L’essai de 2023 signalait davantage de diabète gestationnel sous létrozole (14,6 % contre 5,6 %, un résultat à la limite de la significativité) et une différence de poids de naissance chez les bébés nés de grossesses uniques. La méta-analyse de 2025, fondée surtout sur des études observationnelles, ne trouvait pas de différence globale. La méta-analyse de 2026 limitée aux essais randomisés trouvait en revanche moins de diabète gestationnel en cycle substitué dans les deux essais qui le rapportaient ; ses auteurs présentent ce résultat comme une hypothèse à confirmer. La méta-analyse de 2026 Les avantages obstétricaux du létrozole ne sont donc pas établis.
Le létrozole peut être mal adapté après une croissance folliculaire insuffisante, des annulations répétées, un endomètre régulièrement fin sous traitement, une réponse multifolliculaire incontrôlée, un moment d’ovulation difficile à prévoir, un tableau hypogonadotrope ou hypoœstrogénique marqué, ou lorsque la surveillance ne peut pas être menée jusqu’au bout. Un cycle substitué peut être plus pratique si la date du transfert doit être fixée avec précision.
Comment se prend la décision ?
L’équipe peut tenir compte de la régularité de l’ovulation, des échographies, des antécédents d’endomètre fin ou d’annulation, de la cavité utérine, d’un hydrosalpinx, de la qualité embryonnaire, du calendrier souhaité et des risques associés au SOPK. L’épaisseur de l’endomètre, prise isolément, ne permet pas de choisir un protocole.
Un cycle stimulé comporte généralement un traitement en début de cycle, une surveillance folliculaire et endométriale, la confirmation du moment de l’ovulation, puis un transfert et une progestérone correctement synchronisés. Le cycle peut être modifié ou annulé si le follicule, l’endomètre ou le calendrier ne sont pas adaptés.
C’est pourquoi le létrozole ne doit pas être pris de sa propre initiative comme un complément, ni remplacer le bilan d’échecs d’implantation répétés.
Sécurité et limites
L’utilisation du létrozole en fertilité est hors indication dans de nombreux pays. Une grossesse doit être exclue avant le traitement ; le médicament ne doit pas être pris pendant une grossesse connue. Les recommandations internationales sur le SOPK et la notice officielle DailyMed décrivent ces limites. Dans les deux grands essais d’induction de l’ovulation, le taux global d’anomalies congénitales ne différait pas significativement entre le létrozole et les traitements comparés ; ces essais n’étaient pas assez grands pour exclure des effets rares. PPCOS II et l’essai sur l’infertilité inexpliquée Des céphalées, de la fatigue, des vertiges ou des bouffées de chaleur peuvent survenir. Votre médecin doit tenir compte des autres médicaments, d’une maladie du foie, de la réponse ovarienne et du risque de grossesse multiple. Ne commencez pas, n’arrêtez pas et ne modifiez pas la dose à partir d’un protocole trouvé en ligne.
Pour induire l’ovulation, le létrozole ne débouche pas des trompes et ne compense pas un problème sévère de sperme. Pour un TEC, il ne corrige ni la qualité embryonnaire, ni une anomalie de la cavité, ni un hydrosalpinx, ni une progestérone donnée au mauvais moment. Il ne garantit ni implantation, ni grossesse, ni naissance vivante.
Questions utiles à poser
- Est-ce que j’ovule régulièrement, et comment le confirme-t-on ?
- Cherche-t-on à traiter l’ovulation, l’endomètre, le calendrier ou un échec antérieur ?
- Quelles données concernent réellement mon profil ?
- Comment surveillera-t-on le follicule, l’endomètre et la progestérone ?
- Qu’est-ce qui ferait modifier ou annuler le cycle ?
Le meilleur protocole est celui qui répond au problème réel, pas celui dont le mécanisme paraît le plus séduisant.
Questions fréquentes posées au Dr Aksoy
Le létrozole amincit-il ou épaissit-il l’endomètre ?
L’idée selon laquelle le létrozole amincit l’endomètre n’est pas tout à fait juste. Les jours où on le prend, il réduit temporairement la production d’œstrogènes. Les ovaires sont alors stimulés, un follicule se développe et ce follicule en croissance se remet à produire des œstrogènes : l’endomètre peut donc se développer lui aussi.
Il ne faut pas confondre le létrozole avec le clomifène, qui peut avoir un effet défavorable sur l’endomètre et l’amincir chez certaines femmes. Cet effet est beaucoup moins fréquent avec le létrozole. Certaines études ont même trouvé un endomètre plus épais sous létrozole que sous clomifène. Une méta-analyse de 50 essais publiée en 2023 Cela ne veut pas dire que le létrozole épaissira l’endomètre chez toutes les femmes.
J’utilise d’abord le létrozole pour obtenir un développement folliculaire. Je peux l’envisager chez certaines patientes dont l’endomètre est fin, mais ce n’est pas un médicament que je conseille à tout le monde dans le seul but d’épaissir l’endomètre. Ce qui compte pour moi, ce n’est pas seulement le nombre de millimètres, mais le fait que l’endomètre se prépare correctement en même temps que l’ovocyte se développe.
Le létrozole aide-t-il vraiment à tomber enceinte, et pour qui est-il efficace ?
Oui, chez la bonne patiente, le létrozole peut augmenter les chances de grossesse. Mais il n’apporte pas le même bénéfice à toutes les femmes qui ont du mal à concevoir.
Je l’utilise surtout chez les femmes qui n’ovulent pas régulièrement en raison d’un syndrome des ovaires polykystiques. Chez elles, il peut rétablir l’ovulation et augmenter ainsi les chances de grossesse naturelle ; les recommandations actuelles en font l’un des premiers choix en cas de SOPK sans ovulation et sans autre cause d’infertilité. Je l’utilise aussi parfois chez des couples avec une infertilité inexpliquée, pendant une insémination intra-utérine, pour obtenir un ou quelques follicules.
En revanche, donner du létrozole à une femme qui ovule régulièrement, dont les trompes sont perméables et dont le conjoint a un spermogramme normal, simplement pour qu’elle tombe enceinte plus vite, n’a pas montré de bénéfice net. Recommandation NICE NG257 Et si les deux trompes sont bouchées ou s’il existe un problème sévère de sperme, faire mûrir un ovocyte avec le létrozole seul ne règle pas le problème.
Je ne considère pas le létrozole comme un médicament qui renforce les ovaires ou améliore la qualité des ovocytes. Son rôle est d’obtenir une ovulation ou, dans le cadre d’un traitement, de stimuler le développement folliculaire. J’accorde aussi de l’importance à la surveillance échographique pendant le traitement, car plusieurs ovocytes peuvent parfois se développer et le risque de jumeaux augmente. En résumé, c’est la raison pour laquelle la patiente ne tombe pas enceinte qui détermine si le létrozole sera utile. Chez la bonne patiente, il peut être très efficace, mais il ne résout pas tous les problèmes d’infertilité.
Utilisez-vous le létrozole en cas d’infertilité liée à l’endométriose ?
Je ne prescris pas le létrozole à toutes les patientes chez qui une endométriose est diagnostiquée : nous n’avons pas assez de preuves scientifiques qu’il traite l’endométriose et augmente ainsi les chances de grossesse. Recommandations ESHRE sur l’endométriose Par exemple, chez une femme qui a un endométriome (un « kyste chocolat ») mais qui ovule régulièrement, je ne jugerais pas le létrozole nécessaire du seul fait de l’endométriose.
En revanche, si nous prévoyons une insémination chez un couple avec une endométriose légère, des trompes perméables et un spermogramme satisfaisant, le létrozole peut faire partie des options pour stimuler le développement folliculaire. Il n’existe toutefois pas de preuve solide qu’il soit supérieur aux autres médicaments de stimulation chez les femmes atteintes d’endométriose. Si la maladie est avancée, si les trompes sont abîmées ou si la réserve ovarienne est diminuée, je peux juger préférable de passer à la FIV plutôt que d’orienter la patiente vers des mois de tentatives sous médicaments.
Dans certaines situations particulières, le létrozole est utilisé avec d’autres traitements hormonaux contre les douleurs liées à l’endométriose. Il ne faut pas confondre cet usage avec le court traitement par létrozole que nous utilisons pour obtenir une grossesse. Mon approche consiste à traiter la raison pour laquelle la femme ne tombe pas enceinte, et non le diagnostic d’endométriose. Si le problème n’est pas l’ovulation, je ne pense pas que le létrozole seul augmentera les chances de grossesse.
Comment prendre le létrozole ?
Le létrozole est un médicament que nous utilisons pour obtenir une ovulation ou soutenir le développement de l’ovocyte. Mais je ne fais pas commencer toutes les patientes à la même dose ni les mêmes jours. Je regarde d’abord la régularité des cycles, l’état des ovaires et les traitements déjà reçus.
On le commence généralement le deuxième ou le troisième jour des règles, pendant cinq jours, par exemple du 2e au 6e ou du 3e au 7e jour du cycle. La dose de départ est le plus souvent de 2,5 mg par jour. Si les ovaires ne répondent pas suffisamment, nous pouvons augmenter la dose lors des cycles suivants à 5 ou 7,5 mg, mais je prends cette décision selon la réponse de la patiente. L’essai PPCOS II utilisait la même dose de départ et la même dose maximale.
Pour moi, il ne s’agit pas seulement de prendre le médicament, mais aussi de voir comment les ovaires répondent. C’est pourquoi je préfère faire une échographie, surtout lors du premier cycle de traitement : je regarde combien de follicules se sont développés, leur taille et l’aspect de l’endomètre. Notre objectif n’est pas d’obtenir le plus d’ovocytes possible, mais un nombre adapté de follicules matures pour une grossesse, en gardant un risque de grossesse multiple faible.
Le létrozole peut provoquer chez certaines femmes des bouffées de chaleur, des maux de tête, des nausées ou des vertiges. Comme il ne doit pas être pris pendant la grossesse, une grossesse doit être exclue avant de commencer. Prendre le médicament sans avis médical ou augmenter soi-même la dose n’est pas une bonne idée, surtout en cas d’ovaires polykystiques : si plusieurs follicules se développent, un risque de jumeaux, voire de grossesse multiple de rang plus élevé, peut apparaître.
Quand a lieu l’ovulation après le létrozole ?
L’une des questions que posent le plus souvent les femmes sous létrozole est de savoir combien de jours après le dernier comprimé elles vont ovuler.
L’ovulation survient le plus souvent environ 5 à 10 jours après le dernier comprimé. Par exemple, chez une femme qui a pris le traitement du 2e au 6e jour du cycle, l’ovulation peut avoir lieu à peu près entre le 11e et le 16e jour. Ce n’est toutefois pas un calendrier fixe : certaines femmes ovulent plus tôt, d’autres plus tard, et chez certaines patientes il n’y a pas d’ovulation du tout avec la première dose.
C’est pourquoi je ne me fie pas au seul calcul du calendrier. Surtout lors du premier cycle, je préfère contrôler le développement folliculaire par échographie vers le 10e–12e jour ; la taille du follicule permet de mieux estimer le moment de l’ovulation. Les tests d’ovulation à domicile peuvent aider, mais chez les femmes qui ont des ovaires polykystiques, ils donnent parfois des résultats trompeurs. Si nécessaire, nous pouvons programmer l’ovulation plus précisément avec une injection de déclenchement ; l’ovulation est alors généralement attendue environ 36 à 40 heures après l’injection.
Aux couples qui essaient de concevoir naturellement, je conseille des rapports tous les un ou deux jours pendant la période d’ovulation attendue. Il n’est pas nécessaire d’avoir des rapports tous les jours ni de viser une heure précise. Quand je veux m’assurer que l’ovulation a bien eu lieu, je peux doser la progestérone environ sept jours après l’ovulation attendue.
Ce qui compte pour moi, c’est de ne pas supposer que toutes les femmes sous létrozole ovuleront le même jour. Pour évaluer l’effet du médicament, je regarde la réponse des ovaires plus que le calendrier.
À lire aussi
Sources
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- National Institute for Health and Care Excellence. Fertility problems: assessment and treatment (NG257), recommandations 1.38.1–1.38.3. 2026. Recommandation
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