Endométriose : symptômes, diagnostic, traitement et fertilité

Révisé médicalement le 22 juillet 2026 - Dr. Senai Aksoy
Endométriose : symptômes, diagnostic, traitement et fertilité

À retenir

L'endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer selon les estimations. Une échographie normale n'exclut pas la maladie. Tous les endométriomes ne nécessitent pas une intervention chirurgicale, et l'endométriose n'est pas synonyme d'infertilité. Les traitements hormonaux peuvent réduire la douleur, mais ils ne constituent pas un traitement de la fertilité. Selon l'ESHRE 2022 et les recommandations NICE actualisées en 2024, le diagnostic repose désormais d'abord sur l'imagerie ; la chirurgie systématique de l'endométriome avant une FIV n'a pas démontré d'amélioration du taux de naissance vivante.

Sources clés : Recommandation ESHRE : endométriose (2022) Fiche d'information OMS sur l'endométriose (2023) NICE NG73 — endométriose (mise à jour 2024)

Endométriose : symptômes, diagnostic, traitement et fertilité

L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique caractérisée par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus — le plus souvent sur le péritoine pelvien, les ovaires, les ligaments, l’intestin ou la vessie, et parfois plus loin. La maladie est œstrogéno-dépendante et peut entraîner, avec le temps, une inflammation, une fibrose et des adhérences.

On estime qu’elle touche environ 10 % des femmes en âge de procréer dans le monde — soit près de 190 millions de personnes, selon la fiche d’information de l’OMS (2023). Les chiffres publiés varient selon la manière de poser le diagnostic et la population étudiée. Les travaux qui comptent uniquement les diagnostics déjà enregistrés donnent souvent des taux plus bas.

Cette page donne une vue d’ensemble. Pour aller directement à un sujet : symptômes, diagnostic et échographie, traitement de la douleur, endométriose et infertilité, endométriome ou chirurgie. Pour la fertilité, vous pouvez aussi lire nos pages sur la stimulation ovarienne, la congélation d’ovocytes, les facteurs qui influencent la réussite en FIV et l’adénomyose en FIV.

Les points essentiels au départ :

Deux recommandations guident la pratique actuelle : ESHRE 2022 et NICE NG73 (mise à jour 2024). En général, on commence par l’imagerie. La cœlioscopie n’est plus une première étape diagnostique automatique. Les traitements prolongés par agoniste de la GnRH, dits « ultralong », ne sont pas recommandés en routine avant une FIV (Cochrane 2019).

Si votre priorité est une grossesse, votre parcours ne sera pas le même que si votre priorité est de contrôler la douleur. Cette différence doit guider les étapes suivantes.

Sommaire

Endométriose — six sites lésionnels typiques sur l'anatomie pelvienne (illustration médicale du Dr Senai Aksoy)

Endométriose et fertilité — comprendre la maladie

Endométriose en chiffres

Pour expliquer la fréquence de la maladie aux patientes, le chiffre d’environ 10 % des femmes en âge de procréer reste la meilleure estimation à l’échelle de la population (OMS 2023).

D’autres taux publiés paraissent différents parce qu’ils ne mesurent pas exactement la même chose. Une revue systématique de Parazzini et al., 2020 a retrouvé des estimations regroupées d’environ 4,4 % en population générale, 23,8 % dans certaines séries chirurgicales d’infertilité et environ la moitié dans certaines séries chirurgicales de douleur pelvienne chronique. Les intervalles de confiance étaient larges. Ces chiffres décrivent des groupes sélectionnés pour des études ; ils ne donnent pas une prévalence unique et « vraie » pour chaque femme.

La génétique joue également un rôle. Les études estiment l’héritabilité à environ 50 % (Rahmioglu et al., 2023). Ce chiffre décrit la part des différences observées dans une population qui est liée à la génétique. Il ne signifie pas qu’une mère a 50 % de risque de transmettre l’endométriose à sa fille. La même étude a identifié 42 régions génétiques associées au risque, avec des recoupements pour la migraine, la douleur diffuse, l’asthme et l’arthrose.

Le retard diagnostique reste important. Selon les pays et les définitions utilisées, plusieurs années peuvent s’écouler entre les premiers symptômes et le diagnostic. De Corte et al., BJOG 2025 ont rapporté des délais allant de quelques mois à plus de 12 ans.

Physiopathologie : pourquoi l’endométriose se développe

Aucune théorie n’explique, à elle seule, tous les cas. Il est important de le dire clairement lorsqu’une patiente demande : « Pourquoi moi ? »

La menstruation rétrograde (théorie de Sampson) est un mécanisme plausible : une partie du sang menstruel reflue par les trompes vers le pelvis. Ce phénomène est fréquent, mais seule une partie des femmes développe une endométriose. Il peut donc contribuer à la maladie sans être une condition nécessaire dans tous les cas. À lui seul, il ne suffit pas à tout expliquer.

D’autres hypothèses existent : la métaplasie cœlomique — des cellules qui changent de type —, des résidus embryonnaires müllériens, la dissémination de cellules souches, un dérèglement immunitaire, un terrain génétique et des changements locaux de l’endomètre, comme une résistance à la progestérone. Les recherches sur le microbiome en sont encore à un stade préliminaire. À ce jour, ni les tests systématiques du microbiome intestinal ou vaginal, ni les antibiotiques, ni les probiotiques ne peuvent être recommandés comme traitement de l’endométriose.

L’adénomyose peut coexister avec l’endométriose, mais ce n’est pas la même maladie. L’adénomyose touche le muscle utérin et peut modifier à elle seule la prise en charge et le projet de fertilité — voir adénomyose et FIV.

Classifications : comprendre les stades

Les médecins utilisent couramment trois systèmes complémentaires. Aucun ne reflète parfaitement ce que vous ressentez au quotidien.

r-ASRM

C’est le score chirurgical le plus connu. Les stades I–II décrivent une endométriose superficielle plus limitée. Les stades III–IV correspondent généralement à une maladie plus étendue, avec des endométriomes plus volumineux et des adhérences plus denses. Une endométriose profonde peut cependant être présente à n’importe quel stade et reste mal décrite par le score r-ASRM. Le stade correspond souvent mal à l’intensité de la douleur ou aux difficultés de fertilité.

#Enzian

Le système #Enzian (2021) décrit des compartiments anatomiques et peut s’appliquer aussi bien à l’imagerie qu’aux constatations chirurgicales — utile pour cartographier l’endométriose profonde.

Endometriosis Fertility Index (EFI)

Le score EFI (Adamson & Pasta, 2010) associe les antécédents aux constatations chirurgicales. Il aide à discuter de la probabilité d’une grossesse sans FIV après une opération. C’est un outil de conversation, pas un algorithme qui décide seul s’il faut attendre ou passer en FIV. L’âge, la réserve ovarienne, la durée d’infertilité, l’état des trompes, le spermogramme, les opérations antérieures et les priorités du couple restent déterminants.

Symptômes

Les symptômes varient beaucoup d’une femme à l’autre. Certaines n’en ont aucun.

Parmi les signes fréquents figurent des règles de plus en plus douloureuses, une douleur pelvienne en dehors des règles ou une douleur profonde pendant les rapports. Il peut aussi exister des douleurs à la défécation ou à la miction autour des règles, de la fatigue, des ballonnements, des saignements rectaux cycliques, du sang dans les urines ou des difficultés à concevoir.

L’endométriose peut réduire la fertilité — mais toutes les femmes atteintes d’endométriose ne sont pas infertiles, et beaucoup conçoivent sans assistance médicale à la procréation.

À l’examen, des ligaments douloureux, des nodules derrière l’utérus, un utérus rétroversé fixé ou une masse ovarienne peuvent orienter le diagnostic. Un examen normal n’exclut pas l’endométriose.

Diagnostic : l’imagerie d’abord

C’est le grand changement pratique de l’ESHRE 2022, repris par le NICE 2024 : commencer par l’imagerie plutôt que par une cœlioscopie systématique. Notre guide consacré au diagnostic l’explique plus en détail.

Une échographie normale n’exclut pas l’endométriose.

L’échographie est particulièrement utile pour les endométriomes ovariens et de nombreuses lésions profondes. L’endométriose péritonéale superficielle peut rester invisible. Le NICE recommande toujours de proposer une échographie en cas de suspicion d’endométriose, même si l’examen clinique semble normal.

Échographie endovaginale (IDEA)

Le protocole IDEA (Guerriero et al., 2016) donne un ordre précis à l’examen. Il évalue d’abord l’utérus et les ovaires, notamment les signes d’adénomyose et les endométriomes. Il recherche ensuite des marqueurs indirects, le signe du glissement, puis des nodules profonds. Ces marqueurs peuvent renforcer la suspicion, mais ils ne sont pas spécifiques. Un signe du glissement libre n’écarte pas des adhérences ailleurs dans le pelvis.

IRM pelvienne

L’IRM aide lorsque l’échographie n’est pas concluante, en cas de suspicion d’endométriose profonde, ou pour établir une cartographie chirurgicale. Elle partage la même limite pour les toutes petites lésions superficielles.

CA-125

Le CA-125 ne sert ni au dépistage, ni à confirmer ou exclure l’endométriose, ni à la surveiller en routine. Il peut faire partie du bilan plus large d’une masse ovarienne atypique, mais jamais être interprété seul.

Cœlioscopie

Elle n’est plus la première étape diagnostique par défaut selon l’ESHRE 2022. Elle reste utile lorsqu’un traitement chirurgical est indiqué, ou lorsque les symptômes et la suspicion clinique persistent malgré une imagerie normale et que le traitement empirique a échoué, n’est pas adapté ou n’est pas souhaité (recommandations NICE actualisées en 2024).

Endométriome ovarien : opérer ou pas ?

Un endométriome — parfois appelé « kyste chocolat » — demande une décision au cas par cas. Les recommandations actuelles ne retiennent pas de taille universelle à partir de laquelle il faudrait opérer (recommandations de la British Fertility Society sur l’AMP, 2024).

Dépasser un certain nombre de centimètres ne constitue pas, à lui seul, une indication opératoire. La décision tient compte de la douleur, de l’aspect à l’échographie, de l’évolution et de la réserve ovarienne. Elle prend aussi en compte une éventuelle chirurgie ovarienne antérieure, l’atteinte d’un ou des deux ovaires et la possibilité d’accéder aux follicules en toute sécurité lors de la ponction.

Effet sur la réserve ovarienne

La cystectomie — l’ablation du kyste — peut faire baisser l’AMH. Les méta-analyses montrent une diminution moyenne de l’AMH après cystectomie, généralement plus marquée après une chirurgie bilatérale ou répétée (Raffi et al., 2012 ; Somigliana et al., 2012). Ces moyennes ne permettent pas de prévoir la perte de réserve d’une patiente en particulier. Le risque augmente aussi lorsque la chirurgie préserve mal le tissu ovarien.

Avant une FIV : la chirurgie systématique n’a pas démontré d’amélioration de la naissance vivante

La recommandation de l’ESHRE est forte : ne pas réaliser systématiquement une cystectomie avant la FIV dans le seul but d’améliorer le taux de naissance vivante. Cette chirurgie n’a pas démontré de bénéfice net par rapport à la surveillance dans Hamdan et al., 2015, alors qu’elle peut diminuer la réserve ovarienne.

Quand je discute encore d’une chirurgie avant la FIV

J’en discute surtout lorsque la douleur reste incontrôlée, qu’une malignité est suspectée ou qu’il existe une atteinte d’organe — par exemple une obstruction de l’uretère ou une sténose intestinale importante. Une anatomie qui empêche une ponction ovocytaire sûre peut aussi justifier cette discussion. Je ne recommande pas d’opérer systématiquement un endométriome dans le seul but d’augmenter les chances de grossesse.

Mon approche avant la FIV

Je n’opère pas un endométriome simplement parce qu’il est présent ou parce qu’il dépasse une taille donnée. Avant de proposer une chirurgie, j’évalue la douleur, l’aspect à l’échographie et l’évolution du kyste. Je regarde aussi les opérations ovariennes antérieures, l’AMH, le compte de follicules antraux, l’atteinte d’un ou des deux ovaires et l’accès aux follicules. Si la réserve est déjà faible, il devient particulièrement important d’éviter une opération — et un retard — sans bénéfice clair.

Technique chirurgicale lorsqu’une opération est nécessaire

Lorsqu’une opération est nécessaire, la priorité est de traiter la maladie de manière complète et sûre tout en préservant le tissu ovarien sain. Il faut éviter une coagulation thermique excessive et limiter autant que possible les dommages liés à l’arrêt du saignement. Pour les endométriomes ovariens, la cystectomie est généralement plus efficace contre la douleur et la récidive que le simple drainage avec coagulation. Son effet possible sur la réserve doit néanmoins rester au cœur de la discussion.

Endométriose et infertilité

Plusieurs mécanismes peuvent jouer : les adhérences et la déformation des trompes, un environnement inflammatoire différent ou une réserve ovarienne réduite. Certaines études évoquent aussi des différences dans la biologie de l’ovocyte ou de l’endomètre, mais leur importance clinique reste incertaine. Les résultats moléculaires sur la « réceptivité » de l’endomètre ne justifient donc pas un test de réceptivité, tel que l’ERA, en routine. La réserve ovarienne peut déjà être réduite avant toute chirurgie (Muzii et al., 2018).

La suppression hormonale traite la douleur, mais n’améliore pas la fertilité pendant son utilisation.

Elle n’augmente pas les chances de grossesse spontanée et n’est pas utilisée dans ce but lorsque la priorité est de concevoir (NICE).

Attendre ou passer à la FIV ?

Le stade ou l’EFI ne décident pas, à eux seuls, combien de temps attendre après une chirurgie. Il faut considérer ensemble l’âge, la réserve ovarienne, la durée d’infertilité, l’état des trompes, le spermogramme, les opérations antérieures et les priorités du couple. L’EFI aide à cadrer la conversation ; il ne remplace pas le jugement clinique partagé.

Lorsque la réserve est déjà clairement réduite — surtout si une nouvelle chirurgie ovarienne est envisagée — le projet de fertilité ne doit pas être retardé sans nécessité. Les options de FIV ou de préservation de la fertilité sont individualisées selon l’âge, le rendement ovocytaire attendu et la pression temporelle. Des seuils de laboratoire fixes associés à une seule recette de protocole seraient trop simplistes pour une page destinée aux patientes.

Pré-traitement long par agoniste de la GnRH avant FIV

Ce prétraitement n’est pas recommandé en routine pour améliorer le succès de la FIV. La revue Cochrane 2019 a retrouvé des données de très faible qualité et aucun bénéfice net sur la naissance vivante. Un agoniste de la GnRH peut néanmoins aider à contrôler la douleur chez certaines patientes. Soulager la douleur ne signifie pas améliorer les chances de succès de la FIV.

Choix du protocole de FIV

L’ESHRE n’impose pas un protocole d’AMP unique pour l’endométriose. Les protocoles agoniste et antagoniste peuvent tous deux être proposés.

Le transfert différé (freeze-all) n’est pas indiqué en routine du seul fait de l’endométriose. La congélation de tous les embryons peut être envisagée pour des raisons propres au cycle : risque d’hyperstimulation, hausse précoce de la progestérone, une raison endométriale clairement identifiée, un motif médical, ou un test génétique planifié. Une maladie dite « sévère » ou une réceptivité jugée incertaine ne suffit pas, à elle seule, à justifier cette stratégie.

Préservation de la fertilité

À discuter lorsque les deux ovaires sont atteints, qu’il ne reste qu’un seul ovaire, qu’une nouvelle chirurgie ovarienne est probable, chez des femmes jeunes avec une maladie ovarienne étendue, ou lorsque la perte de réserve liée à une chirurgie planifiée est une réelle préoccupation. La congélation d’ovocytes n’est pas obligatoire pour chaque endométriome. Le bénéfice attendu dépend de l’âge et du nombre d’ovocytes susceptibles d’être recueillis — voir combien d’ovocytes congeler.

Traitement de la douleur

Le choix dépend de l’intensité de la douleur, du projet de grossesse, des autres problèmes de santé et de la tolérance au traitement. La suppression hormonale traite la douleur, pas l’infertilité.

Options de première intention

Les contraceptifs hormonaux combinés et les progestatifs sont deux options de première intention selon l’ESHRE 2022. Parmi les progestatifs figurent le diénogest, le stérilet au lévonorgestrel et d’autres traitements adaptés. Des antalgiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent aider pendant les jours difficiles. Le diénogest est une option progestative bien établie (Strowitzki et al., 2010), mais il n’est pas une « deuxième étape obligatoire après la pilule » pour toutes les femmes.

Si la première intention ne suffit pas

Si la première intention ne suffit pas, on peut ensuite discuter des agonistes de la GnRH ou, lorsqu’ils sont disponibles et adaptés, des antagonistes de la GnRH par voie orale. Les agonistes de la GnRH nécessitent généralement un traitement add-back afin de limiter les symptômes d’hypoœstrogénie et la perte osseuse. Certains antagonistes oraux sont directement proposés sous forme d’association avec un traitement add-back. Les recommandations NICE ont évalué des associations comme relugolix–estradiol–noréthistérone et linzagolix avec add-back chez certaines adultes déjà traitées médicalement ou chirurgicalement. L’accès, le coût, les effets indésirables et le projet de grossesse doivent aussi être pris en compte.

Situations réfractaires sélectionnées

Les inhibiteurs de l’aromatase peuvent être envisagés dans des situations résistantes sélectionnées, en général en association avec un autre traitement hormonal suppresseur, et avec une information claire sur l’utilisation hors AMM chez la femme non ménopausée.

Approches de soutien

La kinésithérapie du plancher pelvien, le soutien psychologique, l’exercice ou l’acupuncture peuvent aider certaines femmes à mieux vivre avec leurs symptômes. Cela peut être particulièrement utile en cas de douleur musculaire ou de dysfonctionnement du plancher pelvien. En raison de données encore insuffisantes, l’ESHRE ne peut formuler de recommandation spécifique en faveur d’une de ces approches pour réduire la douleur chez toutes les patientes. Elles peuvent compléter la prise en charge, mais ne traitent pas les lésions et ne remplacent pas un traitement médical ou chirurgical lorsqu’il est indiqué.

Chirurgie : choisir la bonne technique

Excision ou ablation pour l’endométriose superficielle

Pour réduire la douleur, l’excision peut être envisagée lorsque l’expertise le permet. Les preuves sont limitées et ne démontrent pas une supériorité absolue pour chaque lésion (ESHRE 2022 ; Pundir et al., 2017 ; Healey et al., 2014). La technique doit suivre la localisation de la lésion, sa profondeur, les organes voisins et l’expérience du chirurgien. L’excision permet une analyse histologique ; l’ablation peut convenir dans certains contextes.

Endométriose profonde

Une endométriose profonde qui touche l’intestin, la vessie ou les uretères doit être évaluée dans un centre expert, avec une équipe pluridisciplinaire et une imagerie dédiée.

Le shaving ou l’excision discoïde peuvent présenter un taux de complications plus faible que la résection segmentaire pour des lésions bien sélectionnées (Bendifallah et al., 2020). Une maladie intestinale volumineuse, multifocale, sténosante ou profondément transmurale peut encore nécessiter une résection segmentaire. Les taux de complications ne suffisent pas, à eux seuls, à déterminer la meilleure technique pour chaque patiente.

Récidive

Sans traitement hormonal postopératoire, les taux de récidive rapportés à cinq ans varient beaucoup. Ils approchent souvent 40 à 50 % dans certaines séries. Mais « récidive » ne veut pas toujours dire la même chose : il peut s’agir du retour des symptômes, de nouvelles lésions à l’imagerie ou d’une nouvelle opération. La suppression hormonale postopératoire réduit la récidive lorsqu’une grossesse n’est pas souhaitée immédiatement.

Endométriose chez l’adolescente

L’endométriose peut débuter dès les premières règles. Des douleurs de règles sévères, un absentéisme scolaire ou une douleur qui ne répond pas aux antalgiques habituels doivent faire évoquer le diagnostic tôt. Les lésions peuvent être rouges ou vésiculaires plutôt que classiquement « pigmentées ».

Une évaluation précoce et un traitement hormonal adapté peuvent contrôler la douleur et limiter ses conséquences sur la scolarité et la vie quotidienne. En revanche, il n’a pas été démontré que le traitement hormonal préserve avec certitude la fertilité future ou arrête la progression de la maladie (ESHRE 2022). La chirurgie est réservée aux situations qui résistent aux autres traitements et doit être confiée à une équipe experte. Dans certaines formes ovariennes sévères, la préservation de la fertilité peut être discutée, mais on ne sait pas encore clairement qui en bénéficie ni dans quelle mesure.

Contexte turc

La loi turque n’autorise ni le don d’ovocytes, de sperme ou d’embryons, ni la gestation pour autrui. En Turquie, le traitement doit donc utiliser les propres ovocytes de la patiente. Lorsque la réserve est très basse, la pertinence médicale d’un traitement avec ses propres ovocytes doit être évaluée individuellement. Les options à l’étranger sont mentionnées uniquement à titre informatif.

Points pratiques à retenir

Il n’existe pas un parcours unique qui convienne à toutes les femmes.

FAQ

L’endométriose peut-elle être guérie ?

Il n’existe pas de guérison définitive, mais les symptômes peuvent être contrôlés pendant de longues périodes. La grossesse n’est pas un traitement de l’endométriose. Chez certaines femmes, les symptômes diminuent pendant la grossesse ou après la ménopause. Chez d’autres, ils restent stables ou, plus rarement, persistent ou s’aggravent. La maladie peut aussi rester active après la ménopause.

Puis-je avoir une endométriose même si mon échographie et mon IRM sont normales ?

Oui. Une échographie et une IRM réalisées par des professionnels expérimentés repèrent de nombreux endométriomes ovariens et lésions profondes. En revanche, une endométriose superficielle peut rester invisible. Si les symptômes persistent, ils doivent être évalués cliniquement et non écartés au seul motif que l’imagerie est normale.

Faut-il opérer toutes les endométrioses ?

Non. La douleur, le projet de grossesse, l’âge et la localisation des lésions comptent tous. La chirurgie systématique avant FIV a été restreinte pour de bonnes raisons.

Pourquoi la cœlioscopie n’est-elle pas utilisée pour chaque diagnostic ?

Une échographie et une IRM réalisées par des opérateurs expérimentés cartographient de nombreux endométriomes et lésions profondes. Elles peuvent cependant ne pas détecter de nombreuses lésions superficielles. La cœlioscopie reste réservée aux cas non résolus, ou lorsque traitement et diagnostic doivent aller de pair.

Pourquoi ne pas opérer mon endométriome avant la FIV ?

Parce que la cystectomie systématique avant une FIV n’a pas démontré qu’elle améliore le taux de naissance vivante, alors qu’elle peut diminuer la réserve ovarienne. La chirurgie reste une option en cas de douleur sévère, de suspicion de malignité, d’atteinte d’organe ou de kyste qui empêche une ponction ovocytaire sûre.

Quel traitement de la douleur convient à quelle situation ?

Les options de première intention incluent les contraceptifs hormonaux combinés ou les progestatifs, avec des antalgiques si besoin — lorsque vous n’êtes pas en projet de conception. Si cela ne suffit pas, les agonistes de la GnRH ou, là où ils sont disponibles, les antagonistes de la GnRH par voie orale avec add-back peuvent être discutés. Votre médecin adapte le choix aux symptômes, au projet et à la tolérance.

Combien de temps attendre après une chirurgie avant une FIV ?

Pas seulement selon le stade ou l’EFI. La décision tient compte de l’âge, de la réserve ovarienne, de la durée de l’infertilité, de l’état des trompes, du spermogramme et des priorités du couple. L’EFI peut aider à cadrer la discussion.

La FIV peut-elle aggraver l’endométriose ?

Les données actuelles ne montrent pas que la stimulation ovarienne augmente clairement la récidive de l’endométriose. La décision de FIV reste individualisée selon l’âge, la réserve, la douleur et l’étendue de la maladie.

Que faire si ma réserve est déjà très basse ?

Ne retardez pas la discussion sur la fertilité, surtout si une nouvelle chirurgie ovarienne est envisagée. La possibilité de poursuivre un traitement avec vos propres ovocytes, ainsi que la stratégie la plus raisonnable, doivent être évaluées individuellement. En Turquie, le don n’est pas disponible.

Que dois-je apporter à la consultation ?

Apportez vos comptes rendus d’imagerie — échographie et IRM — ainsi que vos comptes rendus opératoires et la liste de vos traitements en cours. Si la fertilité vous préoccupe, joignez surtout vos résultats d’AMH et de compte de follicules antraux, plutôt qu’un « bilan hormonal complet » présenté comme un forfait indispensable. Un carnet de douleur et de cycle, ainsi qu’un spermogramme s’il est disponible, peuvent aussi être utiles.

Sources

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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre fondateur de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.