FIV et troubles de l'ovulation (SOPK / PMOS) : quand envisager la FIV ?
À retenir
La FIV peut être envisagée lorsque les traitements de première intention n'ont pas permis d'obtenir une grossesse en cas de trouble ovulatoire, comme le SOPK (désormais appelé PMOS) ou l'aménorrhée hypothalamique, ou lorsqu'un autre facteur d'infertilité est associé. Le protocole est adapté à chaque patiente, avec une attention particulière portée au risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO).
Sources clés : ASRM : Gonadotrophines pour l'induction de l'ovulation (2020) ASRM : Recommandations internationales SOPK (2023)
Comprendre les troubles de l’ovulation
La dysfonction ovulatoire figure parmi les causes fréquentes des difficultés à concevoir liées à un facteur féminin (Guide ASRM Gonadotrophines 2020). Elle peut aller d’ovulations irrégulières à une absence complète d’ovulation.
Les principales entités cliniques comprennent :
- Syndrome Polyendocrinien Métabolique Ovarien (PMOS, historiquement SOPK) : Il peut s’accompagner d’une hyperandrogénie, de perturbations métaboliques et d’un nombre élevé de follicules antraux. En 2026, l’ASRM a adopté le terme PMOS pour mieux refléter les dimensions métaboliques et endocriniennes de la maladie (ASRM 2026 Mise à jour de la nomenclature).
- Aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (AHF) : Mise au repos de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien, souvent associée à une disponibilité énergétique insuffisante, au stress ou à un entraînement physique intense.
- Troubles endocriniens : Dysfonction thyroïdienne ou hyperprolactinémie, qui peuvent modifier la sécrétion des gonadotrophines.
Comme les mécanismes du PMOS et de l’AHF diffèrent, la réponse aux traitements oraux tels que le létrozole ou le citrate de clomiphène peut varier d’une patiente à l’autre.
L’approche du Dr Aksoy : Il n’existe pas de « règle rigide des 3 à 6 cycles » qui imposerait un passage automatique à la FIV. La décision dépend de l’âge, de la réserve ovarienne, de la perméabilité tubaire, de la qualité du sperme du partenaire et de la réponse aux traitements précédents. Nous ne traitons pas l’anovulation avec un chronomètre.
Quand la FIV devient-elle l’étape suivante ?
Chez de nombreuses patientes, l’induction orale de l’ovulation ou les gonadotrophines à faible dose peuvent permettre de rétablir l’ovulation. La FIV peut ensuite être discutée dans plusieurs situations cliniques précises :
- Absence de grossesse malgré le retour de l’ovulation : Des ovulations régulières sont confirmées sur plusieurs cycles, mais aucune grossesse ne survient.
- Facteurs d’infertilité associés : Par exemple une atteinte tubaire, une endométriose ou une infertilité masculine importante.
- Facteur temps : L’âge ou une réserve ovarienne diminuée peut rendre pertinente une stratégie d’obtention embryonnaire plus rapide.
- Résistance ou réponse insuffisante : Il n’est pas possible d’obtenir une réponse monofolliculaire sûre avec les traitements oraux ou les gonadotrophines injectables.
Le rôle de la congélation embryonnaire et du DPI
La vitrification embryonnaire et le diagnostic préimplantatoire (DPI) sont des techniques réalisées dans le cadre d’un protocole de FIV. Ni l’une ni l’autre ne constitue, à elle seule, une indication de FIV.
Lorsque la FIV est retenue, la congélation embryonnaire peut servir à préserver la fertilité ou à différer le transfert dans un cycle naturel ou substitué lorsque le contexte le justifie. Le DPI peut être proposé lorsqu’une indication génétique ou chromosomique précise le justifie.
Un parcours FIV adapté à chaque patiente
Le protocole de FIV est adapté au profil clinique et hormonal de chaque patiente :
- Stimulation ovarienne contrôlée : Le dosage des gonadotrophines est ajusté à partir de marqueurs tels que l’AMH, le compte des follicules antraux et l’IMC, en recherchant un équilibre entre nombre d’ovocytes et sécurité.
- Surveillance : Des échographies endovaginales et des dosages réguliers d’œstradiol permettent de suivre le développement folliculaire.
- Ponction ovocytaire : Elle est réalisée sous sédation ou anesthésie générale selon le projet médical, le confort de la patiente et les considérations anatomiques.
- Fécondation : La FIV classique ou l’ICSI peut être choisie selon les paramètres spermatiques, les antécédents de fécondation ou la nécessité d’un DPI.
- Culture et transfert embryonnaire : Les embryons peuvent être transférés au stade du clivage ou du blastocyste, ou vitrifiés pour un transfert ultérieur.
Prévention du risque de SHO et sécurité
Les femmes ayant un compte élevé de follicules antraux, notamment en cas de PMOS (SOPK), peuvent répondre fortement à la stimulation et produire davantage d’ovocytes, tout en présentant un risque accru de syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) (Li et al., 2014).
Les protocoles modernes de FIV peuvent réduire le risque de SHO, sans toutefois le supprimer complètement (Guide de prévention du SHO ASRM) :
- Protocoles antagonistes de la GnRH : Ils permettent d’utiliser un déclenchement par agoniste de la GnRH plutôt que par hCG ; cette stratégie peut réduire le risque de SHO précoce.
- Stratégie du freeze-all : Différer le transfert embryonnaire évite l’exposition supplémentaire à l’hCG associée au début d’une grossesse, facteur important du SHO tardif.
- Adaptation des doses : Un ajustement précis des gonadotrophines peut aider à limiter un recrutement folliculaire excessif.
Décision partagée et attentes réalistes
Les synthèses de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) soulignent que la FIV peut offrir une voie structurée lorsque les traitements plus simples n’ont pas fonctionné. Elles rappellent toutefois que le niveau de certitude concernant les taux comparatifs de naissance vivante reste variable et limité selon les sous-groupes de patientes (Recommandations OMS Infertilité).
Choisir la FIV consiste à mettre en balance les bénéfices possibles avec les contraintes physiques, émotionnelles et personnelles du traitement. Une consultation personnalisée permet de vérifier que les options adaptées à la situation ont été examinées.
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Foire aux questions
La FIV est-elle systématique en cas de trouble de l’ovulation ?
Non. En cas d’anovulation normogonadotrope (PMOS / SOPK), des inducteurs oraux comme le létrozole ou le citrate de clomiphène constituent généralement une première option, avec une prise en charge métabolique adaptée. En cas d’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (AHF), les anti-estrogènes oraux sont généralement peu efficaces pour restaurer l’ovulation ; la prise en charge vise d’abord l’équilibre énergétique et peut inclure des gonadotrophines lorsque cela est indiqué.
Que signifie le terme PMOS par rapport au SOPK ?
En mai 2026, l’ASRM a adopté le terme Syndrome Polyendocrinien Métabolique Ovarien (PMOS) pour désigner l’affection auparavant appelée Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK), afin de mieux refléter ses dimensions métaboliques et endocriniennes, en plus de la santé reproductive.
Pourquoi les protocoles diffèrent-ils entre PMOS et aménorrhée hypothalamique ?
Le PMOS peut s’accompagner d’une réponse ovarienne importante et d’un risque de SHO. L’aménorrhée hypothalamique nécessite plutôt de restaurer la fonction gonadotrope de base et de prendre en compte l’équilibre énergétique et le stress.
La FIV guérit-elle le trouble de l’ovulation sous-jacent ?
Non. La FIV contourne le problème ovulatoire pendant le cycle de traitement concerné, mais elle ne traite pas le trouble sous-jacent. Un suivi endocrinien et métabolique peut rester important pour la santé globale et la grossesse.
Références
- Organisation Mondiale de la Santé. Treatment of infertility due to ovulatory dysfunction.
- American Society for Reproductive Medicine. Use of exogenous gonadotropins for ovulation induction in anovulatory women: a committee opinion (2020).
- American Society for Reproductive Medicine. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome.
- American Society for Reproductive Medicine. PCOS is now PMOS: Understanding the Name Change (2026).
- American Society for Reproductive Medicine. Prevention and treatment of moderate and severe ovarian hyperstimulation syndrome: a guideline (2023).
- Li HW, Lee VC, Lau EY, et al. Cumulative live-birth rate in women with polycystic ovary syndrome or isolated polycystic ovaries undergoing in-vitro fertilisation treatment.
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