Adénomyose et infertilité : ce que l'on sait

Révisé médicalement le 10 avril 2026 - Dr. Senai Aksoy
Adénomyose et infertilité : ce que l'on sait

À retenir

L'adénomyose peut perturber l'implantation, augmenter certains risques obstétricaux et compliquer un parcours de FIV. Le bilan et le traitement doivent être individualisés.

Adénomyose et infertilité : ce que l’on sait

Adénomyose et infertilité : comprendre les liens et trouver des solutions

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L’adénomyose peut provoquer des règles douloureuses, des saignements abondants et parfois des difficultés à concevoir. Cette affection correspond à la présence de tissu proche de l’endomètre dans le muscle utérin. Son lien avec l’infertilité dépend de l’étendue de la maladie, des symptômes et du projet de grossesse.

Dans un parcours de fertilité, la question n’est donc pas seulement de « voir » l’adénomyose à l’imagerie. Il faut comprendre si elle explique les symptômes, si elle peut influencer l’implantation, et si un traitement préalable changerait vraiment la stratégie.

Compréhension de l’adénomyose

Qu’est-ce que l’adénomyose ?

L’adénomyose est une affection bénigne dans laquelle du tissu proche de l’endomètre est retrouvé dans le muscle utérin, appelé myomètre. Cette infiltration peut entraîner une augmentation du volume utérin, des douleurs et des saignements abondants. Son origine exacte reste discutée.

Les symptômes courants

Les symptômes varient beaucoup. Certaines patientes ont des douleurs menstruelles importantes, des règles très abondantes ou une douleur pelvienne chronique. D’autres découvrent l’adénomyose lors d’une échographie ou d’une IRM réalisée pour un autre motif. Cette variabilité explique pourquoi le diagnostic doit toujours être relié à l’histoire clinique.

Pourquoi l’adénomyose est-elle importante ?

L’adénomyose peut altérer l’architecture de l’utérus, la contractilité du myomètre, l’inflammation locale et la réceptivité de l’endomètre. Ces mécanismes peuvent contribuer à des difficultés de conception, à des échecs d’implantation ou à un risque accru de fausse couche dans certains profils.

Les défis du diagnostic

Le diagnostic de l’adénomyose peut prendre du temps, car les symptômes se recoupent avec ceux des fibromes ou de l’endométriose. Il repose souvent sur l’histoire clinique, l’examen, l’échographie spécialisée et parfois l’IRM. Cette démarche permet surtout d’adapter la prise en charge aux symptômes et au projet de grossesse.

Prévalence de l’adénomyose

La prévalence de l’adénomyose varie beaucoup selon les populations étudiées et les méthodes diagnostiques utilisées. Les estimations vont de 5 % à 70 %, une fourchette large qui reflète la difficulté du diagnostic et l’hétérogénéité des formes cliniques.

La prévalence peut être sous-estimée, car des douleurs ou des règles abondantes sont parfois considérées comme « habituelles ». L’amélioration de l’imagerie permet de mieux reconnaître certaines formes, mais le diagnostic doit toujours être relié aux symptômes et aux objectifs de traitement.

Impact de l’adénomyose sur l’infertilité

L’adénomyose peut modifier la structure de l’utérus, la contractilité utérine et l’environnement inflammatoire local. Ces changements peuvent perturber la migration des spermatozoïdes, la réceptivité endométriale et l’implantation embryonnaire.

Les changements anatomiques et inflammatoires liés à l’adénomyose peuvent aussi influencer l’implantation. Même lorsqu’un embryon est transférable, l’environnement utérin peut être moins favorable dans certaines formes de la maladie.

Plusieurs études associent aussi l’adénomyose à un risque plus élevé de fausse couche. Cette association ne signifie pas que chaque patiente aura le même pronostic, mais elle justifie une évaluation attentive avant ou pendant un parcours de fertilité.

Comprendre les mécanismes en jeu aide à choisir une stratégie plus cohérente : traitement hormonal, discussion chirurgicale dans certains cas, adaptation du protocole de FIV ou préparation endométriale spécifique.

Adénomyose et fécondation In Vitro (FIV)

L’adénomyose peut compliquer un parcours de FIV en modifiant l’environnement utérin et la réceptivité endométriale. Certaines études rapportent des taux de grossesse et de naissance vivante plus faibles chez les patientes concernées. Cela souligne l’importance d’identifier l’adénomyose avant ou pendant un parcours de FIV, afin de discuter une stratégie adaptée.

La présence d’adénomyose peut modifier l’architecture du myomètre, l’inflammation locale et la réceptivité endométriale. Ces facteurs peuvent contribuer à un contexte moins favorable pour l’implantation, ce qui justifie parfois une préparation spécifique avant transfert.

Les recherches continuent de préciser quels profils bénéficient d’un traitement avant FIV. Certaines études suggèrent un intérêt possible de traitements hormonaux ou, plus rarement, chirurgicaux dans des situations sélectionnées. Les preuves restent toutefois hétérogènes, et la décision doit intégrer l’âge, la réserve ovarienne, les symptômes et les risques du traitement.

L’adénomyose peut compliquer la FIV, mais son impact dépend de l’étendue de la maladie, des symptômes, de l’âge et de la qualité embryonnaire. Un diagnostic précis aide à discuter le moment du transfert, le type de préparation endométriale et la place éventuelle d’un traitement préalable.

Options de traitement pour l’adénomyose et leur impact sur la fertilité

Traitements pharmacologiques

Les traitements pharmacologiques sont souvent discutés en premier, surtout pour réduire la douleur ou les saignements. Les analogues de la GnRH, les progestatifs, les contraceptifs oraux et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent avoir une place selon le contexte. Leur effet sur la fertilité reste variable et doit être distingué du soulagement des symptômes.

Interventions chirurgicales

Lorsque les traitements médicaux ne suffisent pas, une option chirurgicale peut être discutée dans des cas sélectionnés. Elle ne garantit pas une amélioration de la fertilité et peut comporter des risques utérins. Les résultats varient selon l’étendue de l’adénomyose, la technique utilisée et le projet de grossesse.

Approches de soutien

Certaines patientes utilisent l’acupuncture, des ajustements alimentaires ou des compléments pour mieux supporter la douleur et le stress du parcours. Ces approches peuvent améliorer le confort chez certaines personnes, mais les preuves sur la fertilité restent limitées. Elles ne doivent pas retarder un bilan, un traitement médical indiqué ou une décision de FIV lorsque le temps compte.

Impact sur la fertilité

L’impact des traitements de l’adénomyose sur la fertilité reste discuté. Les objectifs doivent être clarifiés avec le médecin : soulager les symptômes, préparer un transfert, réduire certains risques ou éviter un geste inutile. La stratégie dépend de l’état de santé général, des symptômes et du projet reproductif.

Ce que la recherche doit encore préciser

Les études cherchent encore à préciser quels profils bénéficient d’un traitement avant FIV, pendant combien de temps, et avec quel bénéfice réel sur les naissances vivantes. Pour l’instant, les décisions doivent rester fondées sur l’imagerie, les symptômes, l’âge, la réserve ovarienne et le projet de grossesse.

Relation entre l’adénomyose et l’infertilité : ce que montrent les études

Plusieurs études associent l’adénomyose à une implantation plus difficile, à un risque plus élevé de fausse couche et parfois à des résultats de FIV moins favorables. Ces résultats ne permettent pas de prédire le parcours d’une patiente isolée, mais ils justifient une lecture attentive de l’utérus avant un transfert.

Études cliniques et observations

Les données cliniques suggèrent que certaines formes d’adénomyose peuvent altérer l’environnement utérin et la réceptivité endométriale. L’inflammation locale, les contractions utérines et l’architecture du myomètre sont souvent discutées comme mécanismes possibles.

Impact sur la qualité de vie

Les règles abondantes, les douleurs et la fatigue peuvent aussi peser sur la qualité de vie, la sexualité et la capacité à traverser un parcours de traitement. Les prendre au sérieux fait partie de la prise en charge, même lorsque l’objectif principal est la grossesse.

Données sur les traitements

Certaines études suggèrent que des traitements hormonaux ou chirurgicaux peuvent améliorer les résultats dans des situations sélectionnées. Les bénéfices ne sont toutefois pas uniformes et doivent être mis en balance avec l’âge, la réserve ovarienne, les symptômes et les risques opératoires.

Ce que les études doivent encore préciser

Les études longitudinales et les essais cliniques cherchent encore à préciser quels profils bénéficient le plus d’un traitement avant FIV. Pour l’instant, la décision doit rester individualisée.

En pratique

L’adénomyose peut influencer la fertilité, mais son poids réel varie beaucoup d’une patiente à l’autre. Le plus utile est de relier l’imagerie aux symptômes, à l’âge, à la réserve ovarienne et au projet de transfert. C’est cette lecture globale qui permet d’éviter à la fois l’inaction et les traitements excessifs.

FAQ

L’adénomyose empêche-t-elle toujours une grossesse ?

Non. Certaines patientes conçoivent malgré une adénomyose. Le pronostic dépend de l’étendue des lésions, de l’âge, de la réserve ovarienne, de la qualité embryonnaire et des autres facteurs du couple.

Faut-il traiter l’adénomyose avant une FIV ?

Pas systématiquement. Un traitement préalable se discute surtout si les symptômes sont importants, si l’utérus paraît très modifié ou si le parcours de FIV comporte déjà des échecs d’implantation.

L’échographie suffit-elle pour le diagnostic ?

Une échographie spécialisée peut être très informative. L’IRM est parfois utile lorsque les images sont difficiles à interpréter ou lorsqu’une chirurgie est envisagée.

La chirurgie améliore-t-elle la fertilité ?

Elle peut être discutée dans des cas sélectionnés, mais elle n’est pas une réponse automatique. Les bénéfices possibles doivent être mis en balance avec les risques utérins et le délai de conception.

Que préparer avant la consultation ?

Apportez les échographies, IRM, comptes rendus opératoires, traitements hormonaux déjà essayés, bilans de fertilité et l’historique des douleurs ou des saignements.

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Sources

Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul. Il a réalisé la première ICSI du pays en 1994 et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

Profils vérifiés: PubMed ORCID LinkedIn

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