DHEA et hormone de croissance en FIV : ce que montrent les données

Révisé médicalement le 21 août 2026 - Dr. Senai Aksoy
Évaluation médicale des traitements adjuvants (DHEA, hormone de croissance) chez les patientes en faible réponse ovarienne

À retenir

Pour les patientes présentant une réserve ovarienne diminuée ou une réponse faible, la DHEA et l'hormone de croissance (GH) n'ont pas de bénéfice clair démontré sur les naissances vivantes. La DHEA peut modifier le nombre d'ovocytes et la GH certains paramètres de stimulation, mais l'essai LIGHT et les recommandations ESHRE actuelles ne justifient pas leur usage systématique.

Sources clés : Revue systématique Cochrane — Androgènes et adjuvants en FIV (2024) Directives ESHRE — Stimulation ovarienne en AMP Essai randomisé LIGHT — hormone de croissance chez les faibles répondeuses

Lorsque vous préparez une FIV après le constat d’une réserve ovarienne diminuée ou d’une réponse faible à la stimulation, il est naturel de chercher une option complémentaire. La DHEA et l’hormone de croissance (GH) sont souvent évoquées.

Cependant, les données de qualité ne montrent pas de bénéfice clair sur le taux de naissances vivantes pour l’un ou l’autre traitement. La DHEA peut modifier certains marqueurs intermédiaires, comme le nombre d’ovocytes recueillis, tandis que les études sur la GH rapportent parfois des changements de stimulation. La mise à jour 2025 des recommandations ESHRE ne recommande pas la DHEA chez les faibles répondeuses et indique que la GH n’est probablement pas recommandée. L’évaluation HFEA de la supplémentation androgénique classe la DHEA comme un add-on non validé pour les résultats concernés en cas de faible réponse ou de réserve diminuée ; sa page ne classe pas la GH.

Vidéo : DHEA et hormone de croissance en FIV chez les faibles répondeuses

DHEA et hormone de croissance en FIV chez les mauvaises répondeuses — Dr Senai Aksoy

(Note : Cette vidéo dispose d’un doublage audio et de sous-titres en anglais et en arabe, accessibles directement dans les paramètres de la vidéo sur YouTube.)

Que sont la DHEA et l’hormone de croissance en FIV ?

La DHEA et l’hormone de croissance ont été étudiées comme traitements adjuvants expérimentaux avant ou pendant la stimulation ovarienne. Le mécanisme proposé ne suffit toutefois pas à démontrer un bénéfice clinique.

La DHEA améliore-t-elle les chances de réussite de la FIV ?

La DHEA n’a pas montré d’amélioration claire du taux de naissances vivantes dans les essais bien conduits, même si certaines études signalent une petite variation du nombre d’ovocytes recueillis.

Une revue systématique Cochrane de 2024 (Naik et al.), portant sur 28 essais randomisés (3 002 femmes), a trouvé peu ou pas d’effet important de la DHEA sur les naissances vivantes (OR 1,30, IC à 95 % 0,95–1,76). Après exclusion des études à haut risque de biais, l’estimation était de 1,08 (IC à 95 % 0,75–1,54). Comme l’intervalle de confiance recouvre l’absence d’effet, cette analyse ne montre pas de bénéfice clinique clair.

De plus, les hypothèses affirmant que la DHEA réduirait les anomalies chromosomiques embryonnaires (aneuploïdies) ne sont pas confirmées par les études génétiques prospectives.

L’hormone de croissance (GH) aide-t-elle les faibles répondeuses ?

Certaines études sur l’hormone de croissance rapportent des changements de dose ou de calendrier de stimulation, mais ces différences intermédiaires ne se sont pas traduites par un bénéfice clair sur les naissances vivantes chez les faibles répondeuses.

L’essai randomisé en double aveugle de référence—l’essai LIGHT (Norman et al., 2019)—a rapporté un taux de naissances vivantes de 14,5 % sous hormone de croissance contre 13,7 % sous placebo, un écart qui n’est pas statistiquement significatif.

Pour la DHEA et l’hormone de croissance, cette revue de Conforti et al. n’a pas établi de bénéfice clair sur les naissances vivantes. Elle a toutefois observé un signal en faveur de la testostérone ; cela ne suffit pas à en faire un traitement systématique, et l’ESHRE indique que la testostérone n’est probablement pas recommandée chez les faibles répondeuses.

Comparaison clinique : DHEA et hormone de croissance

Le tableau suivant récapitule les données cliniques pour la DHEA et l’hormone de croissance :

Paramètre cliniqueDHEAHormone de croissance (GH)
Résultat sur les naissances vivantesAucun bénéfice clair dans les données randomisées actuellesAucun bénéfice clair dans l’essai LIGHT ou les recommandations actuelles
Statut des preuvesL’ESHRE ne recommande pas l’usage systématique chez les faibles répondeusesL’ESHRE indique que la GH n’est probablement pas recommandée chez les faibles répondeuses
Interprétation des résultats intermédiairesUne variation du nombre d’ovocytes ne prouve pas un bénéfice sur les naissances vivantesUne variation des paramètres de stimulation ne prouve pas un bénéfice sur les naissances vivantes

Effets secondaires et précautions de sécurité

Ces molécules sont des agents hormonaux actifs. Leurs risques, leurs interactions et leur pertinence doivent être discutés avec l’équipe qui suit la patiente :

Recommandations des sociétés savantes (ESHRE, ASRM, HFEA)

Les grandes autorités internationales déconseillent la prescription systématique de ces adjuvants :

L’approche du Dr Aksoy : Identifier les verrous biologiques plutôt qu’accumuler les adjuvants

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Questions fréquentes

La DHEA ou l’hormone de croissance évitent-elles l’annulation du cycle ?

Bien que certaines observations suggèrent une diminution des annulations, les essais randomisés ne démontrent pas de bénéfice reproductible sur la poursuite du cycle ou l’obtention d’une naissance.

Combien de temps avant la FIV faut-il prendre de la DHEA ?

Les études qui ont évalué la DHEA la commençaient souvent 8 à 12 semaines avant la stimulation. Cela décrit un protocole d’étude et non une recommandation de commencer la DHEA sans avis médical.

Quelles sont les alternatives pour les faibles réponses ?

La prochaine étape consiste généralement à revoir le cycle précédent et à discuter au cas par cas de la stimulation, de la synchronisation folliculaire et de l’intérêt éventuel d’une conservation cumulative d’ovocytes ou d’embryons. Les options dépendent du contexte; aucun protocole ne convient à toutes les patientes.

Sources

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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre fondateur de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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