Infertilité masculine et FIV : quand la FIV/ICSI aide

Révisé médicalement le 12 août 2026 - Dr. Senai Aksoy
Couple discutant calmement d'options de fertilité

À retenir

La stratégie dépend de la cause, des résultats des deux partenaires et du temps disponible. La FIV avec ICSI peut contourner certains obstacles liés aux spermatozoïdes, mais elle ne corrige pas la cause masculine.

Sources clés : EAU — Infertilité masculine AUA/ASRM — Infertilité masculine

Infertilité masculine et FIV

Le facteur masculin ne se résume pas à un nombre de spermatozoïdes. La cause peut concerner la production, le transport, l’éjaculation, les hormones ou la génétique. La FIV peut aider, mais elle ne guérit pas toutes ces causes.

Le bilan

Le bilan comprend l’histoire médicale et reproductive et un spermogramme. Si ce premier résultat est normal, un seul examen suffit généralement ; s’il est anormal, il est répété, car les paramètres varient d’un prélèvement à l’autre. Selon les résultats, il peut inclure un examen clinique, des hormones, une échographie, une recherche d’obstruction et des examens génétiques — caryotype et microdélétions du chromosome Y en cas d’atteinte sévère, recherche CFTR lorsqu’une absence des canaux déférents est suspectée. Les recommandations de l’EAU et de l’AUA/ASRM soutiennent une évaluation orientée par la cause.

Quand la FIV/ICSI peut aider

L’ICSI peut être discutée lorsque le nombre ou la mobilité sont très faibles, ou lorsqu’un prélèvement est nécessaire en cas d’azoospermie. Une morphologie isolément anormale ne suffit pas à imposer une ICSI ; en l’absence de facteur masculin, l’avis du comité de l’ASRM de 2026 déconseille même l’ICSI en routine, faute de bénéfice démontré sur les naissances vivantes.

En cas d’azoospermie non obstructive, le bilan hormonal et génétique reste nécessaire — et le résultat du chromosome Y peut changer la décision chirurgicale. Lorsqu’une délétion complète touche la région AZFa ou AZFb, les recommandations de l’EAU déconseillent de tenter un prélèvement testiculaire : ces délétions s’accompagnent d’un syndrome de cellules de Sertoli seules ou d’un arrêt de la spermatogenèse, et l’intervention ne peut aboutir. Une délétion limitée à la région AZFc est différente : des spermatozoïdes y sont retrouvés dans environ 50 à 75 % des cas. C’est la raison pour laquelle ce test précède la chirurgie et non l’inverse.

Ce que la FIV ne corrige pas

La FIV contourne certaines conséquences du facteur masculin ; elle ne traite pas la cause. Une déficience hormonale, une varicocèle clinique, une exposition réversible ou une obstruction accessible à la chirurgie doivent être discutées séparément. Une cause génétique peut modifier le conseil génétique et le risque de transmission.

L’approche du Dr Aksoy

L’élément qui change le plus souvent la décision est le temps reproductif féminin limité, notamment un âge maternel avancé ou une réserve ovarienne diminuée. Si attendre trois à six mois risque de réduire les chances de grossesse, le Dr Aksoy privilégie généralement une FIV/ICSI directe. Une atteinte spermatique sévère, une cryptozoospermie (spermatozoïdes extrêmement rares) ou une azoospermie nécessitant un prélèvement chirurgical abaissent aussi le seuil, avec une évaluation génétique et urologique en parallèle.

L’ICSI contourne le facteur masculin sans le guérir. Un traitement préalable peut améliorer le spermogramme, mais l’amélioration est incertaine et demande du temps. La question pratique est de savoir si le couple peut raisonnablement attendre.

FAQ

L’infertilité masculine impose-t-elle toujours une FIV ?

Non. Certaines causes peuvent être traitées sans FIV ; l’âge, la réserve ovarienne, la durée d’infertilité et le diagnostic complet orientent la suite.

L’ICSI est-elle toujours nécessaire ?

Non. Une anomalie légère ne suffit pas à la rendre nécessaire.

Peut-on trouver des spermatozoïdes s’il n’y en a pas dans l’éjaculat ?

Parfois, selon le caractère obstructif ou non obstructif de l’azoospermie.

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Sources

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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre fondateur de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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