Stylo pour maigrir et grossesse : aide-t-il vraiment à tomber enceinte ?

Révisé médicalement le 17 octobre 2026 - Dr. Senai Aksoy
Lumière du matin sur une table de chevet : calendrier mural, verre d’eau et carnet ouvert

À retenir

Chez certaines femmes atteintes de PMOS (SOPK), la perte de poids obtenue avec un médicament de la famille du GLP-1 peut relancer l’ovulation. Ces médicaments ne sont pas pour autant des traitements de l’infertilité, et aucune preuve solide ne montre qu’ils augmentent les naissances vivantes après une FIV. On les arrête avant une grossesse prévue : au moins deux mois pour le sémaglutide, au moins un mois pour le tirzépatide.

Sources clés : Recommandations internationales sur le SOPK (2023) EMA, résumé des caractéristiques du produit Wegovy (sémaglutide) EMA, résumé des caractéristiques du produit Mounjaro (tirzépatide)

Stylo pour maigrir et grossesse : aide-t-il vraiment à tomber enceinte ?

Stylo pour maigrir et grossesse : aide-t-il vraiment à tomber enceinte ?

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Il est 1 h 30 du matin et le pouce fait défiler les vidéos. Dans la première, quelqu’un brandit un stylo injecteur : « Une piqûre, zéro appétit. » Dans la suivante : « J’ai utilisé ce stylo, et surprise, je suis tombée enceinte. » Entre les deux, un seul geste du pouce. On en conclurait presque qu’on pique et qu’on accouche.

Établir un lien scientifique demande un peu plus de travail qu’un balayage d’écran. Les médicaments de la famille du GLP-1 peuvent contribuer, de façon indirecte, aux chances de grossesse chez certaines femmes. Mais ce ne sont pas des traitements de l’infertilité, et on ne les utilise pas pendant la grossesse.

Cet article fait le point sur ce que montrent les études, sur le moment où il faut arrêter le traitement et sur les précautions à prendre si vous envisagez une grossesse ou une FIV.

De quels médicaments parle-t-on ?

Le GLP-1 est une hormone que l’intestin libère après les repas. Elle aide à réguler la glycémie et envoie au cerveau un signal de satiété.

Plusieurs médicaments imitent son action. Le sémaglutide est commercialisé notamment sous les noms Ozempic et Wegovy ; le liraglutide appartient à la même famille. Le tirzépatide (Mounjaro) agit à la fois sur le récepteur du GLP-1 et sur celui d’une autre hormone, le GIP.[1][2]

Selon le produit, ils sont prescrits pour le diabète de type 2, pour la gestion du poids chez les personnes éligibles, ou pour les deux. Ils s’injectent le plus souvent une fois par semaine, d’où le surnom de « stylo pour maigrir ».

Ces médicaments s’éliminent lentement. Leur demi-vie, c’est-à-dire le temps nécessaire pour que la quantité présente dans l’organisme diminue de moitié, est d’environ une semaine pour le sémaglutide et de cinq jours pour le tirzépatide, selon les informations produit européennes du sémaglutide et du tirzépatide. Ils restent donc dans l’organisme plusieurs semaines après la dernière injection.[1][2]

Comment la perte de poids peut-elle relancer l’ovulation ?

Le lien passe surtout par le PMOS, anciennement appelé SOPK. Chez certaines femmes qui en sont atteintes, la résistance à l’insuline et les troubles de l’ovulation vont de pair : le corps réagit mal à l’insuline, ce qui entretient le dérèglement hormonal. Chez une partie de ces femmes, une perte de poids peut aider les cycles à redevenir plus réguliers et l’ovulation à reprendre.[3]

Attention au raccourci. Toutes les femmes atteintes de PMOS ne sont pas en surpoids, et toutes les femmes en surpoids n’ont pas de trouble de l’ovulation. Un diagnostic de PMOS ne signifie donc pas qu’il faut ce médicament.

Que montrent les études ?

Une méta-analyse regroupe les résultats de plusieurs études. Celle de 2023 a retrouvé des cycles plus réguliers et davantage de grossesses spontanées chez des femmes atteintes de SOPK en surpoids ou obèses. Les médicaments étudiés étaient l’exénatide et le liraglutide : ces résultats ne démontrent pas un bénéfice pour la fertilité avec le sémaglutide ou le tirzépatide. Il n’y avait pas de différence nette pour les grossesses obtenues en FIV.[4]

Une synthèse de 2026 est plus prudente : elle retrouve une perte de poids modeste à court terme, mais juge l’effet sur la reproduction incertain, faute de données de qualité.[5]

Une étude de registre publiée en 2026 a suivi des femmes infertiles avec un excès de poids. Chez celles qui avaient pris du sémaglutide avant leur prise en charge, on comptait moins de grossesses et de naissances vivantes (grossesses aboutissant à la naissance d’un enfant vivant).[6] C’est une étude d’observation : elle ne prouve pas que le médicament en est la cause. Le calendrier des traitements ou un report volontaire de la grossesse ont pu peser sur ces résultats.

Il faut aussi distinguer les étapes. Retrouver des cycles réguliers, ovuler, avoir un test de grossesse positif et mettre au monde un enfant sont quatre résultats différents. Une grossesse racontée sur les réseaux sociaux ne prouve pas que la qualité des ovocytes s’est améliorée : c’est une conversation de machine à café, pas une donnée scientifique.

Encart de preuve : les études sur la fertilité féminine
  • Méta-analyse de 2023 : 11 essais randomisés, 840 femmes atteintes de SOPK en surpoids ou obèses. Quatre études rapportaient les taux de grossesse. Les traitements par exénatide ou liraglutide étaient associés à plus de grossesses spontanées (risque relatif 1,72) et à des cycles plus réguliers. Aucune différence significative pour les grossesses en FIV. Les essais étaient souvent petits, avec des médicaments, des durées et des traitements associés (comme la metformine) différents.[4]
  • Méta-analyse de 2026 : 11 essais randomisés chez des femmes atteintes de SOPK en surpoids ou obèses. Baisse modeste de l’IMC à court terme ; données insuffisantes pour conclure sur la régularité des cycles ; effet sur la reproduction jugé incertain (certitude faible).[5]
  • Cohorte TriNetX de 2026 : 1 936 femmes de 20 à 40 ans, infertiles, en surpoids ou obèses, appariées une à une. Le sémaglutide pris dans l’année précédant la prise en charge était associé à moins de grossesses et de naissances vivantes ; les résultats tenant compte du temps écoulé n’étaient pas tous statistiquement significatifs et le taux de fausses couches ne différait pas. Étude rétrospective, sans information sur les protocoles de FIV ni sur la date d’arrêt.[6]

Un « risque relatif » compare la fréquence d’un événement entre deux groupes ; un essai « randomisé » attribue le traitement par tirage au sort, ce qui limite les biais. Une étude « rétrospective » analyse des dossiers déjà constitués.

Et la FIV ?

Nous n’avons pas de preuve solide que ces médicaments augmentent les chances de naissance vivante en FIV. Leur intérêt pour traiter le diabète ou un excès de poids est une autre question.[3][5]

Les recommandations internationales de 2023 sur le SOPK font clairement la distinction. Ces médicaments peuvent être envisagés pour la gestion du poids chez les personnes éligibles. Leur utilisation dans le but d’améliorer la fertilité dans le SOPK reste en revanche réservée à la recherche.[3]

Le choix d’un traitement doit donc reposer sur une indication médicale, comme le poids ou le diabète. Lorsque l’infertilité liée au PMOS s’explique uniquement par l’absence d’ovulation, sans autre cause retrouvée, le traitement de première intention recommandé pour induire l’ovulation est le létrozole.[3] Pour savoir quand la FIV devient une option, voir notre article sur la FIV et les troubles de l’ovulation.

Pourquoi la contraception reste-t-elle indispensable ?

Des règles espacées n’excluent pas une grossesse. L’ovulation précède les règles : une grossesse peut donc survenir avant même le retour de cycles réguliers.

Or les données humaines sont insuffisantes pour affirmer que ces médicaments sont sûrs pendant la grossesse, et des effets toxiques sur la reproduction ont été observés chez l’animal, comme l’indiquent les informations produit du sémaglutide et du tirzépatide.[1][2] Une contraception efficace est donc nécessaire pendant le traitement, comme le rappellent aussi les recommandations sur le SOPK, puis pendant tout le délai d’arrêt propre à chaque médicament.[3][7]

Combien de temps arrêter avant une grossesse ?

Le délai minimal d’arrêt dépend du médicament. Les délais ci-dessous proviennent des informations produit européennes du sémaglutide et du tirzépatide.[1][2]

Médicament (exemples de marques)Arrêt avant une grossesse prévue
Sémaglutide (Ozempic, Wegovy)Au moins 2 mois[1]
Tirzépatide (Mounjaro)Au moins 1 mois[2]
Autres médicaments de la familleVérifier le délai propre au produit avec le médecin prescripteur.[7]

Clarifiez avec le médecin prescripteur le nom du médicament, la date de la dernière injection et le moment où vous commencerez à essayer d’avoir un enfant.

Si vous avez un diabète, n’arrêtez pas le traitement seule. Le passage à un traitement de la glycémie compatible avec la grossesse se prépare avec l’équipe, souvent sur plusieurs mois, pour aborder la conception avec une glycémie bien équilibrée.[8]

Tirzépatide et pilule contraceptive

Avec le tirzépatide, la pilule peut être moins bien absorbée, car le médicament ralentit la vidange de l’estomac. Le Royaume-Uni en tire une consigne précise pour les femmes en surpoids ou obèses qui prennent une pilule.[7][9] Pendant les quatre semaines qui suivent le début du traitement, puis chaque augmentation de dose, il est conseillé :

Le texte européen donne une consigne différente. Dans la version consultée le 17 octobre 2026, il considère que la baisse d’exposition aux hormones de la pilule après une dose unique n’a pas de conséquence clinique et ne nécessite pas d’en ajuster la dose. Il recommande néanmoins une contraception pendant le traitement.[2] Si vous prenez la pilule, demandez à votre médecin quelle règle s’applique à vous dès la prescription.

Cet avertissement ne concerne pas de la même façon tous les médicaments de la famille du GLP-1.[7]

Test de grossesse positif sous traitement : que faire ?

Prévenez sans attendre le médecin prescripteur et votre gynécologue. Les informations produit du sémaglutide comme du tirzépatide demandent d’arrêter le médicament en cas de grossesse.[1][2]

Avoir été exposée au médicament ne signifie pas que le bébé a subi un dommage. Dans une étude européenne de 168 grossesses exposées au premier trimestre, le taux de malformations majeures n’était pas plus élevé que dans les groupes de comparaison, mais l’effectif était trop petit pour conclure.[10] Une synthèse publiée en 2026 ne retrouve pas de signal clair, tout en soulignant que les données restent insuffisantes pour exclure un risque.[11]

L’équipe évalue alors le médicament utilisé, la dose et le stade de la grossesse au moment de l’exposition. Si vous êtes diabétique, un autre traitement de la glycémie est mis en place sans délai : il ne faut pas rester sans traitement.[8]

Avant une FIV : le poids n’est pas une note de passage

Avant une FIV, l’âge, la réserve ovarienne, la cause de l’infertilité et l’effet du temps d’attente se discutent ensemble. Dire à toutes les patientes « perdez d’abord du poids, on verra ensuite » n’est pas juste.

Chez certaines personnes, améliorer la santé métabolique avant la FIV a du sens. Chez d’autres, retarder longtemps la prise en charge peut réduire les chances d’avoir un enfant, surtout quand l’âge avance.[12] Le poids n’est pas une note sur un bulletin qui déciderait si vous méritez un traitement.

Ponction ovocytaire et anesthésie

Si une ponction ovocytaire est prévue, signalez votre traitement à l’équipe de FIV et au médecin anesthésiste, même s’il ne s’agit « que » d’un stylo.

Ces médicaments ralentissent la vidange de l’estomac. Même après le jeûne habituel, des aliments peuvent rester dans l’estomac et passer dans les poumons pendant une sédation profonde ou une anesthésie générale.[13]

Le délai d’arrêt avant une grossesse et les consignes avant l’anesthésie sont deux choses différentes. Suivez le plan que l’équipe établit pour vous, sans modifier seule votre traitement. Pour le reste de la préparation, voir notre article sédation ou anesthésie générale pour la ponction.

Et chez l’homme ?

L’obésité peut aussi peser sur la fertilité masculine. Dans une étude menée chez des hommes obèses, la concentration et le nombre de spermatozoïdes ont augmenté après un régime hypocalorique suivi par tous les participants. Ceux-ci ont ensuite été répartis par tirage au sort entre plusieurs méthodes de maintien du poids, dont l’exercice et le liraglutide. Le gain s’est maintenu chez ceux qui avaient conservé leur perte de poids.[14]

Une revue systématique publiée en 2026 note toutefois que les données sur les médicaments restent insuffisantes et que les grossesses obtenues sont rarement étudiées.[15] Ces médicaments ne sont pas un traitement démontré de l’infertilité masculine. Pour les autres facteurs qui peuvent agir sur le sperme, voir notre article sur la qualité du sperme.

Effets secondaires et reprise de poids

Nausées, vomissements et troubles digestifs sont les effets indésirables les plus fréquents. Avec le tirzépatide, ils sont plus marqués pendant la période d’augmentation des doses, puis diminuent.[1][2]

Après l’arrêt, le poids remonte souvent. Dans le prolongement de l’essai STEP 1, le groupe sous sémaglutide avait repris en moyenne environ les deux tiers du poids perdu au bout d’un an.[16] Le médicament et le programme structuré d’accompagnement du mode de vie avaient tous deux été arrêtés. Cette analyse exploratoire portait sur un sous-groupe d’adultes sans diabète ; elle ne prédit pas la reprise de poids d’une personne donnée.

C’est pourquoi l’alimentation, l’activité physique, le suivi métabolique et le passage à la grossesse gagnent à être planifiés ensemble, avant l’arrêt.

Trois questions à poser à votre médecin

  1. Pourquoi ai-je médicalement besoin de ce médicament ?
  2. Quand dois-je l’arrêter avant d’essayer d’avoir un bébé, et quelle contraception utiliser d’ici là ?
  3. Comment cela modifie-t-il le calendrier de mon traitement de fertilité ?

Questions fréquentes posées au Dr Aksoy

Peut-on continuer Ozempic ou Mounjaro pendant une FIV ?

Il faut distinguer trois étapes.

Pendant la stimulation des ovaires, nous n’avons pas de preuve solide qu’il faille absolument arrêter ces médicaments. Mais les données sur leurs effets pendant la stimulation, sur la qualité des ovocytes, le développement des embryons et la réussite de la FIV sont très limitées. C’est pourquoi, quand je planifie le traitement, je préfère les arrêter avant.

La ponction ovocytaire pose un autre problème. Ozempic et Mounjaro peuvent ralentir la vidange de l’estomac. Même si la patiente a respecté le jeûne demandé, son estomac peut encore contenir des aliments, ce qui peut augmenter le risque d’inhalation pendant la sédation ou l’anesthésie.

Auparavant, on recommandait d’arrêter ces médicaments une semaine avant l’anesthésie. Les recommandations actuelles ne demandent plus un arrêt automatique pour tout le monde : on évalue ensemble la dose, les nausées ou vomissements éventuels et les conditions de l’anesthésie. Si besoin, on prend des précautions, par exemple une alimentation uniquement liquide pendant les 24 heures qui précèdent le geste.[17]

Pour le transfert d’embryon, notre position est plus nette. Chez une femme qui prévoit une grossesse, ces médicaments doivent être arrêtés à l’avance :

Ce sont les délais indiqués dans les informations produit actuelles de l’Agence européenne des médicaments.[1][2]

Si nous congelons les embryons, nous pouvons par exemple programmer la ponction et le transfert à des moments différents. En revanche, si nous envisageons un transfert d’embryon frais, il faut tenir compte du délai d’arrêt avant même de commencer le traitement.

En résumé, pendant la stimulation et la ponction, la décision peut être plus individuelle ; mais lors du transfert d’embryon, dont le but est d’obtenir une grossesse, je ne recommande pas ces médicaments.

Un homme sous Ozempic ou Mounjaro doit-il l’arrêter avant de concevoir ?

Selon nos connaissances actuelles, non. Aucune recommandation ne demande aux hommes d’arrêter Ozempic ou Mounjaro avant d’essayer d’avoir un enfant. Les délais d’un ou deux mois fixés pour les femmes ne s’appliquent pas aux hommes.

Chez les hommes en surpoids ou atteints de diabète de type 2, la perte de poids et l’amélioration de la santé métabolique peuvent même avoir des effets favorables sur la testostérone et sur certains paramètres du sperme.[15][18]

Il faut toutefois rester prudent. Nous ne savons pas encore précisément quelle part de ces résultats revient au médicament lui-même et quelle part revient à la perte de poids. Les études manquent aussi, en particulier pour Mounjaro, sur l’intégrité de l’ADN des spermatozoïdes, la grossesse et la naissance.

Mon approche est la suivante : si un homme prend ce médicament pour un diabète ou une obésité et qu’il en tire un bénéfice, je ne lui conseille pas de l’arrêter simplement parce qu’il veut avoir un enfant. Bien sûr, si le spermogramme est nettement anormal, ou s’il y a une perte de poids rapide ou une alimentation insuffisante, nous réévaluons la situation.

En résumé, rien ne montre aujourd’hui qu’un homme doive reporter son projet d’enfant parce qu’il prend ces médicaments.

Peut-on reprendre le stylo pour maigrir après l’accouchement ou pendant l’allaitement ?

Après l’accouchement, oui, on peut le reprendre. Mais si vous allaitez, il existe une différence importante entre Ozempic et Mounjaro. Et nos connaissances sur ce point ont évolué ces dernières années.

Pour Ozempic (sémaglutide), l’information produit européenne actuelle recommande toujours de ne pas l’utiliser pendant l’allaitement.[1] Pourtant, dans une petite étude publiée en 2024, le médicament n’a été retrouvé dans le lait d’aucune des huit mères traitées par injections de sémaglutide. Selon les mères, le développement des bébés était normal ; l’une d’elles a remarqué chez son bébé une diarrhée passagère et une baisse d’appétit pendant qu’elle-même avait des troubles digestifs, sans effet notable sur son poids ni sa croissance.[19] Ces données sont encourageantes, mais elles ne suffisent pas, surtout pour les nouveau-nés et les bébés nourris exclusivement au sein.

Pour Mounjaro (tirzépatide), il y a une évolution plus récente et importante. L’information produit de l’Agence européenne des médicaments, mise à jour en janvier 2026, indique que le tirzépatide peut être envisagé pendant l’allaitement.[2] Dans une étude, onze femmes allaitantes ont reçu une dose unique de 5 mg de tirzépatide : le médicament n’a pas été détecté dans 164 des 171 échantillons de lait, et les quantités mesurées dans les autres étaient extrêmement faibles.[20] Nous manquons encore de données sur les effets d’une utilisation régulière et prolongée chez le bébé.

Il n’est donc plus juste de considérer Mounjaro comme strictement interdit pendant l’allaitement. Mais chez une mère qui l’utiliserait uniquement pour perdre du poids, la décision doit tenir compte de l’âge du bébé, de l’allaitement et de l’alimentation de la mère. Personnellement, chez une mère qui veut seulement maigrir, surtout si elle allaite un nouveau-né, je préfère reporter le traitement. S’il existe une raison médicale plus forte, comme un diabète, j’évalue les bénéfices et les risques au cas par cas.

Autre point important : ces médicaments peuvent nettement diminuer l’appétit. Une mère qui allaite a besoin d’assez d’énergie, de protéines et de liquides. La question n’est donc pas seulement de savoir si le médicament passe dans le lait, mais aussi quel effet l’alimentation de la mère peut avoir sur la production et la composition du lait.

En résumé : si l’allaitement est terminé et que c’est médicalement approprié, le traitement peut être repris. Pendant l’allaitement, la recommandation officielle reste de ne pas utiliser Ozempic ; Mounjaro peut, d’après les données actuelles, être envisagé chez certaines patientes.

Références

  1. Agence européenne des médicaments (EMA). Wegovy et Ozempic (sémaglutide) : résumés des caractéristiques du produit, § 4.6 et § 5.2. Consultés le 17 octobre 2026. EMA, Wegovy · EMA, Ozempic
  2. Agence européenne des médicaments (EMA). Mounjaro (tirzépatide) : résumé des caractéristiques du produit, § 4.5, § 4.6 et § 5.2. Consulté le 17 octobre 2026. EMA, Mounjaro · EMA, historique des procédures Mounjaro (allaitement : EMA/VR/0000271898, janvier 2026)
  3. Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447–2469 (§ 4.5, § 5.3.1, § 5.9.1). PubMed · doi:10.1210/clinem/dgad463
  4. Zhou L, et al. Effects of GLP1RAs on pregnancy rate and menstrual cyclicity in women with polycystic ovary syndrome: a meta-analysis and systematic review. BMC Endocr Disord. 2023;23:245. PubMed · doi:10.1186/s12902-023-01500-5
  5. Forslund M, et al. GLP-1 receptor agonist treatment in women with polycystic ovary syndrome: a systematic review and meta-analysis. Eur J Endocrinol. 2026;194(3):25–39. PubMed · doi:10.1093/ejendo/lvag033
  6. Wu YC, et al. Impact of semaglutide pretreatment on reproductive outcomes in women with overweight and obesity with infertility: a real-world multicenter cohort study. Reprod Biol Endocrinol. 2026;24. PubMed · doi:10.1186/s12958-026-01549-6
  7. MHRA (Royaume-Uni). GLP-1 medicines for weight loss and diabetes: what you need to know. MHRA, guide GLP-1
  8. American Diabetes Association. 15. Management of Diabetes in Pregnancy: Standards of Care in Diabetes—2026. Diabetes Care. 2026;49(Suppl 1):S321–S338. PubMed · doi:10.2337/dc26-S015
  9. Mounjaro (tirzépatide) : résumé des caractéristiques du produit au Royaume-Uni, § 4.5–4.6. emc
  10. Dao K, et al. Use of GLP1 receptor agonists in early pregnancy and reproductive safety: a multicentre, observational, prospective cohort study based on the databases of six Teratology Information Services. BMJ Open. 2024;14(4):e083550. PubMed · doi:10.1136/bmjopen-2023-083550
  11. Lau KGY, et al. Glucagon-like peptide-1 receptor agonists in pregnancy: periconception exposure and perinatal outcomes. BJOG. 2026. PubMed · doi:10.1111/1471-0528.70339
  12. Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Obesity and reproduction: a committee opinion. 2021. ASRM
  13. MHRA. GLP-1 and dual GIP/GLP-1 receptor agonists: potential risk of pulmonary aspiration during general anaesthesia or deep sedation. Drug Safety Update (janvier 2025). MHRA, Drug Safety Update 2025
  14. Andersen E, et al. Sperm count is increased by diet-induced weight loss and maintained by exercise or GLP-1 analogue treatment: a randomized controlled trial. Hum Reprod. 2022;37(7):1414–1422. PubMed · doi:10.1093/humrep/deac096
  15. Peel A, et al. The effect of obesity interventions on male fertility: a systematic review and meta-analysis. Hum Reprod Update. 2026;32(2):154–180. PubMed · doi:10.1093/humupd/dmaf025
  16. Wilding JPH, et al. Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide: the STEP 1 trial extension. Diabetes Obes Metab. 2022;24(8):1553–1564. PubMed · doi:10.1111/dom.14725
  17. Kindel TL, Wang AY, Wadhwa A, et al. Multi-society clinical practice guidance for the safe use of glucagon-like peptide-1 receptor agonists in the perioperative period. Surg Endosc. 2025;39(1):180–183. PubMed · doi:10.1007/s00464-024-11263-2
  18. Salvio G, et al. Effects of glucagon-like peptide 1 receptor agonists on testicular dysfunction: a systematic review and meta-analysis. Andrology. 2025;13(8):2022–2034. PubMed · doi:10.1111/andr.70022
  19. Diab H, et al. Subcutaneous semaglutide during breastfeeding: infant safety regarding drug transfer into human milk. Nutrients. 2024;16(17):2886. PubMed · doi:10.3390/nu16172886
  20. Eli Lilly. Mounjaro (tirzépatide) : notice de prescription américaine, § 8.2 Allaitement (révision 08/2026). Lilly, Mounjaro (États-Unis)
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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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