Hystéroscopie et infertilité féminine : indications, déroulement et données cliniques

Révisé médicalement le 26 octobre 2026 - Dr. Senai Aksoy
Évaluation clinique et exploration endoscopique de la cavité utérine en fertilité

À retenir

L'échographie reste l'examen de départ. L'hystéroscopie est l'examen de référence lorsqu'une lésion de la cavité est suspectée, lorsque les saignements sont inexpliqués, ou lorsque des règles diminuées après un geste intra-utérin font craindre des synéchies. Elle n'est pas utilisée en routine avant un premier transfert si la patiente est asymptomatique et que l'imagerie est normale.

Sources clés : Avis de l'ACOG sur l'hystéroscopie et la pathologie intra-utérine Avis du comité de l'ASRM sur l'évaluation de la femme infertile Avis 2026 de l'ASRM sur les échecs répétés d'implantation

Sur cette page

Qu’est-ce que l’hystéroscopie ?

L’hystéroscopie est un examen endoscopique mini-invasif qui permet de visualiser directement l’intérieur du canal cervical et de la cavité utérine. En introduisant un instrument optique très fin (l’hystéroscope) par les voies naturelles, le médecin explore l’endomètre en temps réel, sans aucune incision abdominale.

Dans le bilan d’infertilité, l’évaluation de la cavité utérine compte. Une anomalie de la forme de la cavité ou de la muqueuse peut gêner l’implantation de l’embryon, altérer la vascularisation du placenta ou augmenter le risque de fausse couche précoce.

L’approche du Dr. Aksoy

Une échographie normale n’exclut pas complètement des synéchies. Pour le Dr. Aksoy, l’élément qui modifie le plus la décision est une diminution nette des règles, ou une aménorrhée, après un curetage, un geste intra-utérin du post-partum ou une infection. Dans cette situation, l’hystéroscopie peut confirmer le diagnostic et permettre le traitement au cours du même geste. La cavité peut aussi être réévaluée après plusieurs transferts infructueux d’embryons euploïdes ou de bonne qualité, mais l’hystéroscopie systématique n’est pas proposée avant un premier transfert chez une patiente asymptomatique dont l’imagerie est normale. Cette approche sélective rejoint l’avis 2026 de l’ASRM sur les échecs répétés d’implantation, qui juge raisonnable de proposer une nouvelle évaluation de la cavité en cas d’échecs répétés d’implantation, sans en faire une routine.

Vidéo : L’avis clinique du Dr. Senai Aksoy

L'hystéroscopie : dans quels cas est-elle nécessaire ? — Dr. Senai Aksoy

Hystéroscopie diagnostique ou opératoire

L’examen répond à deux objectifs complémentaires, fréquemment associés au cours d’une même séance :

  1. Hystéroscopie diagnostique : Elle permet d’inspecter la forme de la cavité, l’endomètre et les orifices tubaires. Les instruments fins et l’approche vaginoscopique peuvent réduire l’inconfort, mais le ressenti varie d’une patiente à l’autre.
  2. Hystéroscopie opératoire : Utilise des micro-instruments ou une électrode bipolaire passés dans le canal opérateur pour réséquer un polype, retirer un fibrome sous-muqueux, libérer une synéchie ou réséquer une cloison sous contrôle visuel direct.

Quelles pathologies utérines explorer et traiter ?

L’hystéroscopie est la méthode de référence pour diagnostiquer et traiter de nombreuses anomalies intra-utérines (avis n° 800 de l’ACOG) :

Hystéroscopie comparée à l’échographie, la SIS et l’HSG

L’évaluation de la cavité utérine repose sur des examens complémentaires adaptés à chaque situation (ASRM Committee Opinion, 2026) :

ExamenRôle diagnostique principalSensibilité pour la cavitéTraitement immédiat ?Caractère invasif
Échographie transvaginale 2D/3DPremière évaluation de l’utérus, des ovaires et de l’endomètreLes performances varient selon la lésion et la techniqueNonNon invasif
Échographie avec injection de sérum (SIS)Précise les contours de la cavitéValeur prédictive supérieure à 90 % pour les lésions intra-utérinesNonPeu invasive
Hystérosalpingographie (HSG)Évalue la perméabilité tubaire et le contour cavitaireFaible pour les polypes et fibromes sous-muqueux chez les femmes sans symptôme (sensibilité d’environ 50 %)NonRayons X et produit de contraste transcervical
HystéroscopieInspection directe, biopsie ciblée et certains traitementsExamen de référence des anomalies intra-utérinesParfoisProcédure endoscopique

Quand l’hystéroscopie est-elle recommandée en fertilité ?

L’hystéroscopie est surtout utile lorsqu’elle répond à une question clinique précise (recommandations ESHRE sur le RIF, 2023 ; ASRM 2026) :

Déroulement, confort et récupération

Questions fréquentes posées au Dr. Aksoy

Peut-on faire une hystéroscopie pendant les règles, ou faut-il attendre la fin des saignements ?

Je préfère généralement attendre la fin des règles avant une hystéroscopie. Ce n’est pas que l’examen soit dangereux pendant les règles : c’est pour mieux voir l’intérieur de l’utérus.

À l’hystéroscopie, nous examinons la cavité utérine avec une caméra fine. Si le saignement continue, surtout s’il est abondant, les petits polypes, les synéchies ou d’autres modifications de la cavité peuvent être plus difficiles à voir.

Chez les femmes dont les cycles sont réguliers, je programme donc en général l’examen dans les jours qui suivent la fin des règles, avant l’ovulation. La muqueuse est alors plus fine, ce qui facilite aussi l’évaluation.

Si, le jour du rendez-vous, vous avez un saignement léger, faut-il forcément annuler ? Non. De légères traces de sang ne sont pas toujours un obstacle. En revanche, si le saignement est abondant, il est souvent plus juste de reporter.

En cas de cycles irréguliers, ou lorsqu’un protocole de traitement particulier est en cours, nous pouvons planifier autrement. Dans tous les cas, il faut aussi écarter une grossesse.

En résumé, une hystéroscopie pendant les règles n’est pas toujours interdite. Attendre la fin des saignements reste toutefois, le plus souvent, le meilleur choix pour un examen plus clair.

FAQ

L’hystéroscopie est-elle un examen douloureux ?

Le ressenti varie : certaines patientes décrivent de simples crampes, tandis que d’autres trouvent l’examen douloureux. Les options de prise en charge de la douleur doivent être discutées à l’avance ; tous les médicaments ne conviennent pas à toutes les patientes.

Combien de temps après l’examen peut-on débuter une FIV ?

Après un examen diagnostique sans complication, le traitement peut souvent reprendre sans long délai. Après une polypectomie, une myomectomie, une adhésiolyse ou une incision de cloison, le calendrier dépend de l’étendue du geste et du contrôle de la cicatrisation.

Le retrait d’un polype améliore-t-il les résultats de la FIV ?

Pas avec certitude. L’ablation d’un polype jugé pertinent peut se discuter, mais les données propres à la FIV restent limitées. L’essai randomisé le plus clair concernait la grossesse avant insémination intra-utérine, et non avant FIV (revue Cochrane).

L’hystéroscopie permet-elle de vérifier si les trompes sont bouchées ?

L’hystéroscopie montre l’entrée des trompes (ostiums) dans la cavité, mais elle ne permet pas d’évaluer la perméabilité sur toute la longueur de la trompe. La perméabilité tubaire est explorée par HSG ou par laparoscopie avec épreuve au bleu.

À lire aussi

Sources

Étape suivante

Une question sur votre propre dossier ?

Un article expose le cadre général, mais pas ce qui s'applique à votre histoire. Si vous souhaitez que votre situation soit examinée, vous pouvez transmettre vos questions et vos comptes rendus antérieurs à l'équipe médicale.

Pour protéger votre vie privée, transmettez seulement les informations nécessaires à un premier échange. Demandez à l'équipe quel canal sécurisé utiliser pour les comptes rendus médicaux ou les documents d'identité.

Demander un avis médical

Ajouter comme source préférée sur Google

Vous pouvez ajouter draksoyivf.com parmi vos sources d'informations médicales préférées sur Google.

Ajouter sur Google
Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

Profils vérifiés: PubMed ORCID LinkedIn

Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.

Avant de nous contacter

Veuillez noter que certains services tels que le don de sperme, le don d'ovocytes, la gestation pour autrui ou le choix du sexe du bébé (sans nécessité médicale) ne sont pas autorisés par la loi turque.

Nous souhaitons vous informer que notre clinique respecte strictement cette réglementation et n'offre aucun de ces services.

Continuer