Hydrosalpinx et FIV : pourquoi agir avant le prochain transfert
À retenir
L'hydrosalpinx est une trompe de Fallope obstruée et remplie de liquide. Lorsque ce liquide peut atteindre la cavité utérine, il peut réduire l'implantation embryonnaire en FIV. Avant le transfert, le spécialiste peut discuter d'une salpingectomie ou d'une occlusion tubaire proximale selon l'anatomie et le risque pour la vascularisation ovarienne.
Sources clés : ASRM — Chirurgie tubaire à l'ère de l'AMP (2021) OMS — Recommandations sur les maladies tubaires (2025) Hydrosalpinx et pertes de grossesse — revue systématique (PMID 30665848)
Salpingite : symptômes, causes et impact sur la fertilité — Dr Senai Aksoy
Cette vidéo est en français ; des doublages et sous-titres anglais et arabes sont disponibles dans les réglages du lecteur YouTube. Elle complète l'article sans remplacer une évaluation médicale individuelle.
Sur cette page
- L’hydrosalpinx avant le prochain transfert d’embryons
- Pourquoi l’hydrosalpinx nuit à la fertilité
- Causes fréquentes
- Symptômes et présentation clinique
- Comment poser le diagnostic
- Impact sur les résultats de FIV
- Options de traitement avant le transfert
- Checklist pratique avant le prochain transfert
- Pour aller plus loin
- FAQ
- Sources
L’hydrosalpinx avant le prochain transfert d’embryons
Un hydrosalpinx correspond à une trompe de Fallope obstruée et remplie de liquide. Il survient souvent après une infection ou une inflammation pelvienne, une endométriose ou une chirurgie antérieure. La trompe se dilate et ne fonctionne plus normalement.
Certaines patientes ressentent des douleurs, une pesanteur pelvienne ou des pertes inhabituelles. Beaucoup le découvrent pourtant lors d’un bilan d’infertilité, par exemple sur une hystérosalpingographie (HSG) ou une échographie. Cette découverte peut modifier le calendrier du prochain cycle de FIV.
Ce guide répond à une question pratique de timing du transfert : pourquoi le spécialiste peut proposer une pause, quelles options peuvent être discutées et comment cette décision s’articule avec notre synthèse sur le traitement de l’hydrosalpinx et l’infertilité.
L’approche du Dr Aksoy
« Lorsque l’échographie ou l’HSG montre un hydrosalpinx qui communique avec la cavité utérine, je commence par une question très concrète : ce liquide peut-il atteindre l’endomètre ?
« Si la salpingectomie peut être réalisée sans compromettre la vascularisation ovarienne, elle est souvent privilégiée. En présence d’adhérences denses qui rendent l’exérèse plus risquée, une occlusion tubaire proximale peut être discutée. Le choix dépend de l’anatomie et du projet de la patiente ; il n’est pas automatique.
« L’objectif n’est pas de promettre le résultat d’un cycle. Il s’agit de prendre en compte une anomalie qui peut perturber l’environnement utérin avant le transfert. »
Pourquoi l’hydrosalpinx nuit à la fertilité
L’hydrosalpinx peut influencer la fertilité par plusieurs mécanismes :
- Obstruction mécanique : La trompe atteinte ne permet plus normalement la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes.
- Liquide inflammatoire : Le liquide accumulé contient des médiateurs inflammatoires et des produits cellulaires susceptibles d’influencer le développement embryonnaire précoce.
- Reflux vers la cavité utérine : Lorsque l’hydrosalpinx communique avec l’utérus, du liquide peut y refluer et perturber la réceptivité de l’endomètre au moment de l’implantation.
Les données vont globalement dans le même sens, mais les études ne répondent pas toutes à la même question. Dans l’essai randomisé de Strandell, la salpingectomie avant FIV était associée à de meilleurs résultats d’accouchement que l’absence d’intervention chez les patientes étudiées. Une revue systématique et méta-analyse de 14 études observationnelles a par ailleurs associé l’hydrosalpinx à un risque plus élevé de perte de grossesse (RR 1,74 ; IC à 95 % : 1,43–2,12). Il s’agit d’une association statistique ; elle ne permet pas d’attribuer chaque perte de grossesse à l’hydrosalpinx.
Causes fréquentes
La cause sous-jacente la plus fréquente est un antécédent de maladie inflammatoire pelvienne, souvent liée à Chlamydia trachomatis ou Neisseria gonorrhoeae. D’autres causes sont possibles :
- L’endométriose pelvienne avec adhérences
- Les antécédents de chirurgie pelvienne ou abdominale basse
- Les adhérences après une infection ou une chirurgie pelvienne
- Plus rarement, une tuberculose génitale
La cause compte pour le bilan global de fertilité. Pour organiser un transfert, la question la plus immédiate est de savoir si une trompe dilatée communique avec la cavité utérine.
Symptômes et présentation clinique
L’hydrosalpinx peut provoquer des symptômes, mais il peut aussi rester silencieux :
- Symptômes physiques (lorsqu’ils existent) : Douleurs ou pesanteur pelvienne persistante ou intermittente, douleurs pendant les rapports et pertes vaginales inhabituelles ou persistantes.
- Présentation en consultation de fertilité : Certaines patientes n’ont aucune douleur et sont évaluées pour une infertilité secondaire ou des échecs d’implantation répétés.
L’absence de douleur n’exclut pas le diagnostic. La conclusion dépend de l’imagerie et du contexte clinique global.
Comment poser le diagnostic
L’évaluation repose généralement sur des examens ciblés et sur l’histoire clinique :
- Échographie endovaginale : Peut montrer une structure tubulaire remplie de liquide à proximité de l’ovaire.
- Hystérosalpingographie (HSG) : Peut montrer l’obstruction et le trajet du produit de contraste.
- Laparoscopie diagnostique : Offre une vision directe des trompes et des adhérences lorsque l’imagerie reste incertaine ou qu’une intervention est déjà envisagée.
Apporter vos clichés originaux d’HSG ou vos comptes rendus d’imagerie peut éviter de répéter des examens déjà réalisés.
Impact sur les résultats de FIV
Les recommandations du comité de l’ASRM sur la chirurgie tubaire décrivent plusieurs mécanismes possibles : un effet de lavage mécanique, une réceptivité endométriale diminuée et des effets directs du liquide sur l’embryon. Ces mécanismes concernent surtout les hydrosalpinx qui communiquent avec l’utérus.
Évaluer l’hydrosalpinx avant le transfert permet de mieux organiser la séquence entre traitement, ponction et transfert. Cela peut aussi éviter de repousser la discussion jusqu’après plusieurs échecs. Pour le détail des options, consultez notre article sur le traitement de l’hydrosalpinx et la fertilité.
Options de traitement avant le transfert
Lorsqu’une FIV est prévue et qu’un hydrosalpinx communique avec la cavité utérine, les recommandations actuelles invitent à discuter d’un traitement avant le transfert. L’ASRM et l’OMS en 2025 soulignent que le choix dépend de l’anatomie et de la faisabilité ; l’OMS classe le niveau de certitude des preuves comme très faible.
- Salpingectomie cœlioscopique : Retrait de la trompe atteinte. Elle est souvent privilégiée lorsqu’elle peut être réalisée sans compromettre la vascularisation ovarienne.
- Occlusion tubaire proximale : Fermeture de la trompe près de l’utérus par clip ou cautérisation. Elle peut être discutée lorsque des adhérences rendent l’exérèse plus risquée ; la revue Cochrane souligne que les comparaisons directes entre les deux options restent limitées.
- Salpingostomie : Création d’une nouvelle ouverture tubaire. Elle peut être envisagée chez certaines patientes qui souhaitent une grossesse naturelle, mais ne constitue pas une solution systématique avant une FIV en présence d’un hydrosalpinx communicant.
- Antibiotiques : Utiles en cas d’infection active lorsqu’ils sont prescrits par un médecin, mais ils ne réparent pas une trompe structurellement endommagée et remplie de liquide.
Si un bilan ou un traitement immunologique est évoqué après des échecs de FIV, il est utile de vérifier d’abord que l’anomalie tubaire a été correctement évaluée. C’est une question différente de l’efficacité d’un éventuel traitement additionnel : l’imagerie, l’histoire médicale et le niveau de preuve doivent guider l’ordre des étapes. Voir notre article sur les traitements immunologiques après échec d’implantation.
Checklist pratique avant le prochain transfert
- Demandez à votre spécialiste d’examiner les images d’HSG ou d’échographie, et pas seulement le compte rendu.
- Clarifiez si l’atteinte est unilatérale ou bilatérale et si le liquide communique avec la cavité utérine.
- Demandez pourquoi une salpingectomie ou une occlusion proximale est envisagée avant le transfert.
- Discutez du calendrier entre stimulation, ponction et chirurgie si l’accès aux ovaires risque d’être difficile.
- Regroupez les étapes chirurgicales et de FIV dans une même feuille de route, notamment lorsque le parcours implique un déplacement.
Pour aller plus loin
- Traitement de l’hydrosalpinx et infertilité
- Causes et conséquences de la maladie inflammatoire pelvienne
FAQ
Quelle est la gravité de l’hydrosalpinx en FIV ?
Il peut être important, surtout lorsque le liquide communique avec l’utérus. L’hydrosalpinx peut réduire la fertilité naturelle et l’implantation en FIV, mais il ne permet pas de prédire à lui seul le résultat d’une patiente. L’imagerie et le bilan global orientent la suite.
Peut-on soigner un hydrosalpinx uniquement avec des médicaments ?
Les médicaments ne font pas disparaître un hydrosalpinx structurel. Les antibiotiques peuvent traiter une infection active, mais ils ne rouvrent pas une trompe séquellaire et n’empêchent pas l’accumulation d’un liquide stérile.
Faut-il systématiquement enlever la trompe ?
Non. La salpingectomie est souvent discutée lorsqu’elle peut être réalisée en sécurité. Une occlusion tubaire proximale peut être envisagée si des adhérences menacent la vascularisation ovarienne. L’OMS décrit ces options comme des choix conditionnels, fondés sur des preuves de très faible certitude.
Quelles sont les bactéries les plus souvent en cause ?
Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae font partie des causes bactériennes fréquentes des maladies inflammatoires pelviennes, qui peuvent laisser des séquelles tubaires. La cause doit toutefois être évaluée au cas par cas.
Sources
- American Society for Reproductive Medicine. Role of tubal surgery in the era of assisted reproductive technology: a committee opinion. Fertil Steril 2021;115(5):1143–1150.
- Strandell A, Lindhard A, Waldenström U, et al. Hydrosalpinx and IVF outcome: a prospective, randomised multicentre trial in Scandinavia on salpingectomy prior to IVF. Hum Reprod 1999;14(11):2762–2769.
- Harb H, Al-Rshoud F, Karunakaran B, Gallos ID, Coomarasamy A. Hydrosalpinx and pregnancy loss: a systematic review and meta-analysis. Reprod Biomed Online 2019;38(3):427–441. doi:10.1016/j.rbmo.2018.12.020.
- Johnson N, van Voorst S, Sowter MC, et al. Surgical treatment for hydrosalpinx prior to in-vitro fertilisation. Cochrane Database Syst Rev 2010;(1):CD002125.
- World Health Organization. Guideline for the prevention, diagnosis and treatment of infertility — tubal factor disease. Genève: OMS, 2025.
À des fins éducatives uniquement. Dernière révision éditoriale : 9 août 2026.
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