Vaginite et flore vaginale : ce qui est normal, et quand consulter

Révisé médicalement le 18 juillet 2026 - Dr. Senai Aksoy
Femme pensive dans une salle de bains méditerranéenne baignée de lumière, évoquant une approche calme et informée des symptômes vaginaux

À retenir

La flore vaginale normale est en général dominée par des lactobacilles protecteurs et un pH acide. Une vaginite peut apparaître lorsque cet équilibre change, ou lorsqu'une infection ou une irritation s'installe. Le traitement dépend donc de la cause — vaginose bactérienne, mycose, trichomonase, irritation ou carence œstrogénique — et non des seuls symptômes.

Sources clés : Lignes directrices du CDC sur le traitement de la vaginose bactérienne Liu et al. 2025 — revue sur la vaginose bactérienne et la dysbiose microbienne

Pertes et odeur : mycose ou vaginose bactérienne ? — Dr Senai Aksoy

Le vagin abrite naturellement une communauté microbienne complexe. Chez de nombreuses femmes en âge de procréer, les lactobacilles contribuent à maintenir un pH acide et à limiter la prolifération de certains organismes. Des symptômes peuvent apparaître lorsque cet équilibre change, ou lorsqu’une infection ou une irritation s’installe.

Ce que fait une flore vaginale normale

Une flore vaginale saine est généralement dominée par des espèces protectrices de Lactobacillus. Elle n’est pas immuable : elle peut évoluer avec les règles, les rapports sexuels, les antibiotiques, la grossesse, les variations hormonales et la ménopause.

Elle contribue notamment à :

Comparaison entre une flore vaginale dominée par les lactobacilles et le profil souvent observé en cas de vaginose bactérienne, avec les plages de pH et les symptômes associés
Infographie : la différence entre un environnement dominé par les lactobacilles et le profil souvent observé en cas de vaginose bactérienne.

Ce que signifie une vaginite

La vaginite est un terme clinique qui regroupe des symptômes pouvant avoir plusieurs causes. Elle peut se manifester par :

Comme ces symptômes se chevauchent, ils permettent rarement à eux seuls d’identifier la cause avec fiabilité.

Causes courantes

Réponse courte : les causes les plus fréquentes sont la vaginose bactérienne, la mycose (candidose), la trichomonase et la vaginite atrophique liée à une carence en œstrogènes. Leur mécanisme et leur traitement ne sont pas les mêmes.

Vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne correspond à un changement de l’équilibre bactérien vaginal. Elle peut s’accompagner de pertes plus fluides, d’une odeur plus marquée et d’un pH plus élevé.

Candidose vulvo-vaginale

La candidose est une prolifération de Candida. Elle provoque souvent des démangeaisons, des brûlures et des pertes plus épaisses, avec un pH généralement normal.

Trichomonase

La trichomonase est une infection sexuellement transmissible due à Trichomonas vaginalis. Elle peut provoquer des pertes et une irritation, mais les symptômes peuvent aussi être discrets ou peu spécifiques.

Vaginite atrophique ou liée à une carence en œstrogènes

Une baisse des œstrogènes peut rendre les tissus vaginaux plus fins et plus secs, en particulier après la ménopause et parfois pendant l’allaitement.

Pourquoi l’évaluation est importante

Des causes différentes peuvent produire des symptômes très proches. L’interrogatoire et l’examen clinique, la mesure du pH et la microscopie peuvent souvent orienter le diagnostic. Des tests moléculaires ou d’autres examens de laboratoire peuvent être utiles lorsque le doute persiste (recommandations du CDC sur les pertes vaginales). Cette évaluation est particulièrement importante avant de commencer un traitement antimicrobien.

Une odeur ne signifie donc pas automatiquement qu’il s’agit d’une vaginose, pas plus que des démangeaisons ne prouvent une mycose. L’objectif est de choisir un traitement adapté et d’éviter un traitement inutile.

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Ce que signifie un « déséquilibre de la flore » ou un résultat Gardnerella

Réponse courte : un compte-rendu mentionnant un « déséquilibre de la flore » ou « Gardnerella détectée » ne suffit pas, à lui seul, à poser un diagnostic ni à décider d’un traitement antibiotique.

Un résultat de laboratoire doit être interprété avec les symptômes et les constatations de l’examen. La présence de Gardnerella vaginalis ne suffit pas à diagnostiquer une vaginose bactérienne, et la culture de G. vaginalis n’est pas un test suffisamment spécifique. Les cliniciens peuvent s’appuyer sur les symptômes, l’examen, le pH, les critères d’Amsel ou le score de Nugent pour évaluer l’ensemble de la situation (recommandations du CDC sur la vaginose bactérienne).

La prise en charge du partenaire dépend également du diagnostic. Elle n’est pas recommandée systématiquement en cas de vaginose bactérienne ou de candidose non compliquée. En cas de trichomonase, les partenaires sexuels actuels doivent être évalués et recevoir un traitement présomptif (recommandations du CDC sur la trichomonase).

Le regard clinique du Dr Aksoy : Un compte-rendu peut apporter une information utile, mais il ne remplace pas le tableau clinique. Nous regardons les symptômes et les résultats de l’examen avant de décider si un traitement est nécessaire, plutôt que de traiter automatiquement le nom d’un organisme isolé.

Le traitement dépend du diagnostic

Le traitement est choisi après avoir évalué la cause la plus probable :

Conclusion

La vaginite n’est pas une maladie unique qui aurait un traitement unique. Ces symptômes peuvent avoir plusieurs causes. Comprendre le rôle de la flore normale aide à saisir pourquoi le pH, les lactobacilles, les hormones et les examens ciblés comptent dans le choix de la suite.

Demander une revue de dossier

Si vos pertes, votre odeur ou votre irritation ne correspondent pas à un schéma clair — ou si un compte-rendu mentionne un « déséquilibre de la flore » sans l’expliquer — un examen et des tests adaptés sont plus utiles que de deviner à partir des seuls symptômes. Vous pouvez demander une revue de dossier confidentielle si vous souhaitez un second avis sur un résultat déjà reçu.

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FAQ

Les symptômes seuls permettent-ils de connaître la cause d’une vaginite ?

En général, non. Une odeur, des démangeaisons, des pertes ou une irritation peuvent accompagner une vaginose, une mycose, une trichomonase, une irritation locale ou une carence en œstrogènes.

La vaginose bactérienne est-elle la même chose qu’une mycose ?

Non. La vaginose correspond à un changement de l’équilibre bactérien, tandis que la mycose est généralement due à une prolifération de Candida. Les traitements sont différents.

Faut-il toujours traiter le partenaire en cas de vaginite ?

Non. Cela dépend du diagnostic. En cas de trichomonase, les partenaires sexuels actuels doivent être évalués et recevoir un traitement présomptif. La vaginose bactérienne et la candidose non compliquée sont prises en charge autrement.

Pourquoi le pH vaginal compte-t-il ?

Le pH peut aider à orienter l’évaluation. Il est souvent plus élevé en cas de vaginose ou de trichomonase, tandis qu’une candidose non compliquée peut s’accompagner d’un pH normal.

Sources

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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre fondateur de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.