Trompes de Fallope bouchées : causes et options
À retenir
Une trompe bouchée ne provoque généralement aucun symptôme et est découverte lors d’un bilan, souvent par HSG. La possibilité de l’ouvrir dépend de l’endroit du blocage et de l’état de la trompe ; lorsque les deux trompes sont significativement atteintes, la FIV est souvent la voie la plus directe.
Sources clés : ASRM – chirurgie tubaire à l’ère de l’AMP ASRM – évaluation de la fertilité
Ce que signifie une trompe bouchée
Au moment de l’ovulation, la trompe capte l’ovocyte ; c’est généralement là que l’ovocyte et les spermatozoïdes se rencontrent. Elle transporte ensuite l’embryon précoce vers l’utérus. Une obstruction interrompt cette séquence.
Une obstruction proximale peut correspondre à un spasme et mérite parfois une confirmation. Une obstruction distale est plus souvent liée à une lésion véritable et peut retenir du liquide. Une seule trompe atteinte est différente d’une obstruction bilatérale complète.
| Situation | Localisation | Ce qu’elle implique généralement |
|---|---|---|
| Proximale | À l’entrée de la trompe dans l’utérus | Obstruction réelle ou spasme transitoire ; une confirmation peut être nécessaire |
| Distale | À l’extrémité proche de l’ovaire | Lésion plus souvent réelle, parfois associée à un hydrosalpinx |
| Unilatérale | Une seule trompe | Une conception naturelle reste souvent possible par l’autre côté |
| Bilatérale | Les deux trompes | Si l’obstruction complète est confirmée, la FIV contourne les trompes |
Comment le savoir ?
La plupart des femmes ne ressentent rien. Ni la douleur, ni un saignement, ni des pertes ne permettent de savoir de façon fiable si une trompe est bouchée. Le diagnostic repose sur l’imagerie, le plus souvent une HSG. Une douleur pelvienne, de la fièvre ou des pertes anormales doivent toutefois être évaluées. Elles peuvent signaler une infection ou une autre cause, mais ne renseignent pas sur la perméabilité des trompes.
Une méta-analyse de 20 études portant sur 4 179 femmes a estimé la sensibilité de l’HSG à environ 0,65 et sa spécificité à environ 0,83.[1] L’examen peut manquer certaines lésions. Une obstruction proche de l’utérus n’est pas toujours confirmée lors d’un contrôle. La cœlioscopie n’est pas pratiquée uniquement pour vérifier la perméabilité. Si elle est indiquée pour une autre raison, un test au colorant peut préciser l’endroit où la trompe est bouchée.[3]
Les infections pelviennes, notamment les infections à chlamydia, sont des causes importantes. Dans une cohorte néerlandaise, l’infertilité tubaire était plus fréquente après un test positif, tout en restant rare en valeur absolue ; une première infection avant 20 ans était le facteur de risque le plus marqué (Hoenderboom et al.).[4]
L’endométriose, les adhérences après chirurgie, une grossesse extra-utérine, une ancienne chirurgie tubaire et certains fibromes peuvent également intervenir.
Peut-on ouvrir une trompe ?
Parfois. Pour un blocage proximal, une nouvelle imagerie ou une canulation sélective peut distinguer un spasme d’une obstruction fixe. Pour un blocage distal, une chirurgie réparatrice n’est envisagée que si la paroi est fine, les franges préservées et les adhérences limitées. La réocclusion et la grossesse extra-utérine restent des risques importants.[2]
Les massages, plantes et cataplasmes d’huile ne doivent pas retarder la confirmation anatomique et l’évaluation médicale.
Chirurgie ou FIV ?
La FIV contourne les trompes. Elle est souvent la voie la plus directe lorsque les deux trompes présentent une obstruction ou une lésion importante confirmée. La chirurgie peut être raisonnable chez une patiente plus jeune, avec une réserve ovarienne satisfaisante, une lésion limitée et aucun autre facteur majeur.
L’âge et la réserve ovarienne déterminent le temps que l’on peut raisonnablement consacrer à une réparation et aux essais naturels. Un hydrosalpinx qui communique avec l’utérus peut réduire les résultats de la FIV ; une salpingectomie ou une occlusion proximale peut alors être discutée avant le transfert.[2]
L’approche du Dr Aksoy
La question n’est pas seulement de savoir si l’on peut rouvrir la trompe, mais si elle pourra fonctionner ensuite. Je privilégie la canulation sélective pour une courte obstruction proximale chez une patiente jeune sans facteur spermatique important. Une réparation distale n’est envisagée que si les franges et la muqueuse sont suffisamment conservées.
Je favorise généralement la FIV si la patiente est plus âgée, si la réserve ovarienne est faible, en présence d’un facteur masculin significatif, d’adhérences denses, de lésions aux deux extrémités ou d’un hydrosalpinx volumineux. Une trompe peut être techniquement ouverte sans retrouver sa capacité à capter l’ovocyte et à le transporter. Cette approche a été documentée le 18 août 2026 et confrontée aux recommandations de l’ASRM.[2]
Lorsque la trompe contient du liquide
Une obstruction distale peut emprisonner du liquide et dilater la trompe : il s’agit d’un hydrosalpinx. Contrairement à une simple obstruction que la FIV contourne, un hydrosalpinx communiquant avec l’utérus peut diminuer les taux de grossesse en FIV.[2]
Plusieurs mécanismes sont proposés, notamment l’écoulement du liquide tubaire dans la cavité utérine, mais leur contribution exacte reste incertaine. L’ASRM recommande d’envisager une salpingectomie ou une occlusion proximale avant la FIV lorsque l’hydrosalpinx communique avec l’utérus.[2]
Lorsqu’une infection ancienne est en cause, l’article sur la salpingite explique comment l’inflammation peut endommager la trompe.
Du liquide dans une trompe signifie-t-il un cancer ?
Non, pas à lui seul. Un hydrosalpinx peut apparaître après une infection pelvienne, une endométriose ou toute autre cause fermant l’extrémité distale. Une tumeur tubaire fait partie du diagnostic différentiel, mais l’imagerie doit être interprétée dans son ensemble.[5]
Sur une IRM avec injection, une composante solide qui se rehausse à l’intérieur d’une trompe dilatée justifie une évaluation plus approfondie.[5] Le médecin tient aussi compte de l’âge, des symptômes et des autres éléments de l’examen.
Questions fréquentes
Peut-on être enceinte avec une seule trompe bouchée ?
Oui, si l’autre trompe est ouverte et saine. L’âge, la réserve ovarienne, le sperme et la durée des essais orientent la décision.
La FIV est-elle toujours obligatoire ?
Non. Elle est souvent plus directe en cas d’atteinte bilatérale significative ; une réparation peut convenir à un groupe sélectionné.
Peut-on réellement déboucher une trompe ?
Parfois. Une canulation sélective peut traiter certaines obstructions proximales confirmées. Une réparation distale n’est envisagée que dans des cas sélectionnés, car la réocclusion et la grossesse extra-utérine restent des risques importants.[2]
Références
- Swart et al. The accuracy of hysterosalpingography in the diagnosis of tubal pathology. Fertil Steril. 1995. PubMed
- ASRM. Role of tubal surgery in the ART era (2021). ASRM
- ASRM. Fertility evaluation of infertile women (2021). ASRM
- Hoenderboom et al. Sex Transm Infect. 2019. PubMed
- Kim et al. Radiographics. 2009. PubMed
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