Hystérosalpingographie (HSG) : déroulement et interprétation

Révisé médicalement le 19 août 2026 - Dr. Senai Aksoy
Salle d’imagerie médicale lumineuse avec appareil de fluoroscopie

À retenir

L’HSG est une radiographie qui montre la cavité utérine et le passage du produit de contraste dans les trompes. Elle peut révéler une obstruction, mais un résultat normal n’exclut pas toutes les maladies tubaires. L’inconfort est surtout lié à l’injection et les antalgiques pris par voie orale n’ont pas montré de bénéfice net.

Sources clés : Cochrane – HSG et douleur Swart et al. – précision de l’HSG

Sur cette page

Ce que montre l’HSG

L’hystérosalpingographie est un examen radiologique de la cavité utérine et de la lumière des trompes. Le produit de contraste montre s’il passe librement dans chaque trompe. L’examen ne renseigne pas directement sur les ovaires, les franges tubaires ou les adhérences autour de la trompe.

On la programme généralement dans la première partie du cycle, après les règles et avant l’ovulation. Le calendrier exact dépend de votre cycle et des consignes du centre.

Déroulement et douleur

Le médecin place un spéculum, nettoie le col puis introduit un petit cathéter. Le contraste est injecté lentement sous fluoroscopie. Des crampes brèves, une sensation de pression et quelques pertes sanguines légères peuvent survenir.

La douleur atteint habituellement son maximum pendant l’injection. Les essais analysés par Cochrane n’ont pas montré de bénéfice clair des antalgiques non opioïdes pris systématiquement avant l’examen ; une anesthésie locale peut avoir un effet modeste, avec des données de faible qualité.[2]

Limites de l’examen

Une méta-analyse de 20 études a estimé la sensibilité de l’HSG à environ 0,65 et sa spécificité à environ 0,83 (Swart et al.). Ces chiffres concernent la perméabilité des trompes. L’HSG peut donc manquer certaines lésions, et une obstruction proche de l’utérus peut n’être qu’un spasme passager.[3]

Une HSG normale montre le passage du contraste, mais n’exclut pas une atteinte des franges, de fines adhérences ou un trouble de la fonction tubaire. La cœlioscopie n’est pas réalisée de façon systématique dans le seul but de tester la perméabilité. Si elle est déjà indiquée pour une autre raison, une chromopertubation peut compléter l’évaluation.[4]

L’approche du Dr Aksoy

Je n’interprète pas une HSG normale comme la preuve que chaque fonction de la trompe est intacte. Elle montre surtout que le produit de contraste traverse sa lumière. Elle n’exclut ni une atteinte des franges ou des cils, ni de fines adhérences, ni une endométriose superficielle.

J’accepte généralement le résultat lorsque les images sont techniquement satisfaisantes, que le produit se répand librement des deux côtés et que les antécédents ne suggèrent pas de maladie tubaire. J’approfondis l’évaluation si la réponse peut modifier le traitement : passage retardé ou cloisonné, suspicion d’hydrosalpinx, antécédents évocateurs d’endométriose ou d’adhérences. Chez une patiente plus âgée ou dont la réserve ovarienne est faible, une anomalie mineure peut ne pas justifier plusieurs mois d’examens avant la FIV.

Cette approche a été documentée le 18 août 2026 et revue à la lumière des recommandations de l’ASRM sur l’évaluation de la fertilité.[4]

Que faire après un résultat anormal ?

La suite dépend de la localisation, de vos antécédents, de votre âge et de votre réserve ovarienne. Une image proximale douteuse peut justifier une nouvelle imagerie ou une canulation sélective avant toute chirurgie. Une obstruction distale avec hydrosalpinx, des adhérences importantes ou une réserve ovarienne faible orientent parfois plus directement vers la FIV.

L’HSG est un examen diagnostique, pas un traitement. Votre spécialiste interprétera les images avec vos antécédents, votre situation clinique et votre projet de traitement.

L’examen peut-il aussi augmenter les chances de grossesse ?

Un bénéfice est possible avec un produit de contraste huileux, mais il concerne surtout un groupe précis et ne doit pas être généralisé.

Une revue Cochrane de 15 essais portant sur 3 864 femmes a associé le rinçage tubaire par contraste huileux à davantage de naissances vivantes qu’en l’absence d’intervention. La qualité de cette preuve était cependant faible et l’estimation des naissances vivantes reposait sur seulement 204 femmes.[5]

Dans l’essai H2Oil mené auprès de 1 119 femmes dans 27 hôpitaux néerlandais, le taux de grossesse évolutive à six mois était de 39,7 % avec le contraste huileux contre 29,1 % avec le contraste aqueux. Les taux de naissance vivante étaient respectivement de 38,8 % et 28,1 %.[6]

Ces participantes étaient initialement suivies en attente ou orientées vers une insémination intra-utérine ; la FIV n’était pas la stratégie prévue. Cet essai ne démontre donc pas un bénéfice chez les femmes qui vont directement vers un transfert embryonnaire.[6]

Les résultats ne s’appliquent pas non plus à toutes les patientes. Le préprint H2Oil2 publié en 2026, non encore évalué par les pairs, n’a pas montré d’avantage clair sur les naissances vivantes chez 932 femmes âgées de 39 ans ou plus, présentant un trouble de l’ovulation ou un risque élevé de maladie tubaire.[7]

Le contraste huileux apporte par ailleurs une quantité importante d’iode. Une étude a constaté un excès d’iode chez 38 femmes enceintes sur 70 exposées avant la conception. Parmi elles, 25 présentaient une hypothyroïdie avec ou sans symptômes. Deux avaient un excès d’hormones thyroïdiennes, appelé thyrotoxicose. Aucun trouble thyroïdien n’a été détecté chez les nouveau-nés.[8]

L’intravasation — le passage du contraste dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques — peut survenir avec les produits huileux comme aqueux. Elle est le plus souvent sans symptôme embolique, mais de rares complications ont été rapportées.[9] La notice officielle du Lipiodol prévoit une injection lente par paliers de 2 ml sous contrôle fluoroscopique, avec arrêt immédiat en cas d’intravasation suspectée ou confirmée.[10]

Ce qu’un résultat anormal change ensuite

Si une ou deux trompes ne se remplissent pas, il faut déterminer s’il s’agit d’une obstruction réelle, d’un spasme transitoire ou d’une lésion située plus loin. Pour une image proximale, une nouvelle imagerie ou une canulation sélective peut être proposée avant une cœlioscopie.[11]

Une trompe dilatée sans diffusion du produit peut correspondre à un hydrosalpinx. Lorsqu’il communique avec l’utérus, il peut réduire les résultats de la FIV et modifier la prise en charge avant le transfert embryonnaire.[11] Une ancienne salpingite peut expliquer certaines lésions.

La cœlioscopie est surtout envisagée lorsqu’une endométriose, des adhérences ou des lésions après infection ou chirurgie sont fortement suspectées et qu’un traitement pourrait être réalisé au même moment.[4] L’hystéroscopie examine la cavité utérine ; elle ne remplace pas l’HSG pour explorer les trompes et le pelvis.

Questions fréquentes

L’HSG fait-elle toujours mal ?

Non. L’intensité varie ; le moment le plus sensible est souvent l’injection. Prévenez l’équipe si vous avez déjà eu une douleur importante ou une infection pelvienne.

Une HSG normale garantit-elle que les trompes fonctionnent ?

Non. Elle confirme surtout le passage du contraste. Elle ne mesure pas toutes les fonctions fines de la trompe.

Quand consulter après l’examen ?

Une douleur croissante, de la fièvre, des pertes inhabituelles ou un malaise nécessitent un avis médical rapide.

Références

  1. Babandi et al. Pain relief for hysterosalpingography. West Afr J Med. 2021;38:1174–1182. PubMed
  2. Hindocha et al. Pain relief in hysterosalpingography. Cochrane Database Syst Rev. 2015;CD006106. PubMed
  3. Swart et al. The accuracy of hysterosalpingography in the diagnosis of tubal pathology. Fertil Steril. 1995;64:486–491. PubMed
  4. ASRM. Fertility evaluation of infertile women (2021). ASRM
  5. Wang et al. Tubal flushing for subfertility. Cochrane Database Syst Rev. 2020;CD003718. PubMed
  6. Dreyer et al. Oil-based or water-based contrast for hysterosalpingography. N Engl J Med. 2017;376:2043–2052. PubMed
  7. Huijser et al. H2Oil2 study. SSRN preprint, 27 mai 2026. SSRN — préprint non évalué par les pairs.
  8. Li et al. Impact of preconceptional HSG with oil-based contrast on iodine status. Reprod Sci. 2021;28:2887–2894. PubMed
  9. Geenen et al. Contrast media for hysterosalpingography. Eur Radiol. 2024;34:6435–6443. Springer
  10. Guerbet. Lipiodol Ultra Fluid : résumé des caractéristiques du produit, 17 mars 2021. Notice
  11. ASRM. Role of tubal surgery in the era of assisted reproductive technology (2021). ASRM
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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre fondateur de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.